mardi 27 octobre 2009

Et vous ?... II (Fiction Yaoi) - Chapitre 11


Le soir venu, Roland vint passer la soirée chez moi. Je passai mon temps à l’effleurer – involontairement – ou à l’embrasser – intentionnellement. Installés sur le canapé, à regarder un vieux film à la demande de mon compagnon, ce dernier avait la tête au creux de mon épaule et l’une de ses mains sur ma cuisse, me caressant la jambe. La proximité faisait battre mon cœur plus vite. Je n’étais pas vraiment à l’aise. Mais malgré mes appréhensions, j’étais excité par la chaleur de ce corps contre le mien. Je n’arrivai pas à me concentrer sur ce que diffusait la petite lucarne, l’esprit trop occupé par ce qui allait suivre.
Je soupirai en posant ma tête sur mon poing, mon coude posé sur le dossier du canapé.
« Ça va ? » me demanda Roland. « Le film t’ennuie ?
Non. Ça va, » lui répondis-je dans un demi-sourire avant de me retourner vers le film.
Il n’ajouta rien et nous suivîmes les méandres de la vie des personnages qui défilaient devant nous. En fin de soirée, nous allâmes nous coucher, tee-shirt et sous-vêtement pour seules parures. Roland se colla à moi sous les couvertures. Nos lèvres se rencontrèrent, nos langues se retrouvèrent dans un baiser tendre et passionné. Les battements de mon cœur s’affolèrent. C’était le moment. Mes rêves allaient enfin devenir réalité. Mes mains étaient moites. Je tremblai légèrement. Roland glissa une main sous mon tee-shirt et me caressa affectueusement le flanc, du bout des doigts. Pour la première fois depuis notre première rencontre, je le laissai faire. Ses gestes étaient si doux, si exaltants. Je respirai bruyamment par le nez tandis que nous nous embrassions. Le souffle me manquait. Je l’agrippai par les hanches et me plaquai contre lui. Je pouvais sentir son excitation frotter contre la mienne.
Roland cessa soudainement de m’embrasser. Il déposa un chaste baiser sur mes lèvres, puis sur ma joue avant de poser sa tête dans le creux de mon cou.
« Bonne nuit. »
Qu’est-ce que c’était que ça ? Était-ce tout ce dont il avait à me proposer ? Un simple baiser, quelques caresses tendres et puis, un charmant « Bonne nuit » ? Je passai mes bras sous ma tête dans un soupire et regardai le plafond.
« Bonne nuit, » répondis-je enfin.
Mais déjà la respiration de Roland était posée. Il s’était endormi plus vite qu’il ne fallait de temps pour le dire. Peut-être était-il seulement fatigué ? Peut-être que cela n’avait rien à voir avec moi ? J’observai son visage d’ange endormi. Il était subliment magnifique. L’envie de le couvrir de baiser se fit sentir. Sa peau pâle devait être si douce. Mon excitation ne se fit que plus drue. Je me dégageai précautionneusement et me levai. J’allai dans la salle de bain dont je fermai la porte derrière moi. Éclairé par les rayons de la lune qui transperçaient la petite fenêtre, je baissai le rabat de la cuvette et m’y assis. Je glissai une main dans mon caleçon et m’attelai à me débarrasser de mon érection douloureuse, des images de Roland encombrant mon esprit. J’éjaculai dans ma main. Je pris du papier toilette afin de m’essuyai, puis, me lavai les mains.
Je me rassis sur la cuvette et passai les mains sur mon visage, les coudes sur mes genoux. Et si Roland s’était lassé de moi ? Et si maintenant que je l’avais accepté, il ne voulait plus de moi, le chalenge ayant disparu ? Qu’allais-je pouvoir faire pour faire revivre cette flamme qui semblait s’être éteinte depuis que j’avais parlé de « petit-ami » ? Allions-nous devenir de simples amis ?
Découragé par toutes ces pensées noires, je me levai et rejoignis la pièce principale. J’observai encore le corps parfait de ce petit-ami qui ne semblait plus vouloir l’être, dans la semi-obscurité. Puis, j’attrapai mon sac de cours et m’installai à la table, qui me servait également de bureau. J’allumai une petite lampe afin de ne pas réveiller Roland. Je me mis à réviser mes cours, les partiels finaux approchant à grands pas. Trop préoccupé, je savais que je n’arriverais pas à dormir et le mieux qui me restait à faire, était de m’encombrer l’esprit d’autre chose que de ces questions sur ma relation avec mon compagnon.
La nuit défila à une allure folle et je ne me rendis pas compte du matin qui se levait.
« Benjamin ? »
Je levai la tête vers le lit pour y voir Roland, allongé sur le ventre, à me chercher à ses côtés.
« Je suis là. »
Il se retourna vivement vers moi et eut un sourire soulagé.
« Tu m’as fait peur. Je croyais que tu étais parti. Ça fait combien de temps que tu es réveillé ?
Quelques heures. J’arrivais pas à dormir. »
Il se leva et s’approcha de moi. Il passa ses mains sur mes épaules et les fit glisser sur mon torse. Je fermai les yeux, profitant de la caresse mais aussi anéanti par la peur qui m’avait accompagné toute la nuit. Il déposa un doux baiser sur ma nuque avant de caler sa tête sur mon épaule.
« Tu bosses ? T’as du courage. Il est quelle heure ? »
Je regardai les néons de mon réveil avant de lui répondre.
« Sept heurs trente.
Ha, merde ! J’ai cours dans une demi-heure. Je peux prendre une douche.
Bien sûr. Vas-y. »
Il embrassa rapidement ma joue, puis disparut dans la salle de bain. J’essayai de me replonger dans mes révisions, sans grand succès. Je me levai et m’adonnai à préparer du café. Roland réapparut une vingtaine de minutes plus tard. Il s’habilla.
« Tu veux du café ? » lui demandai-je ma propre tasse dans la main.
Il s’approcha et m’embrassa rapidement.
« Pas le temps. Je suis à la bourre. T’as l’air crevé. Tu devrais te reposer un peu avant d’aller en cours, » me fit-il en me caressant amoureusement le visage. « On se voit plus tard ? »
J’acquiesçai. Il s’écarta de moi, récupéra son sac et sa veste et disparu, me laissant seul avec toutes mes interrogations.

Durant la semaine qui suivit, ce fut à peine si je vis Roland, si bien que je me demandais s’il m’évitait. Pourtant, les rares fois où je le retrouvais, son comportement à mon encontre n’avait pas changé. Je ne savais plus quoi penser. En revanche, moi, je me laissais plonger dans une triste morosité. Mes nuits se faisaient de plus en plus courtes, et je tâchai de me noyer dans mon travail universitaire, espérant ainsi éviter de me poser trop de questions.
Le vendredi, après nos cours, alors que je n’avais pas vu Roland, son frère vint me voir.
« On sort ce soir. J’ai invité Lise à se joindre à nous. J’ai dû insister parce qu’apparemment les sorties entre amis, c’est pas trop son truc. Roland aussi sera là. Tu viens ? »
Au ton de sa voix, il s’agissait plus d’une affirmation que d’une question. Cependant, je n’étais pas d’humeur à sortir.
« Non, » répondis-je. « Je suis crevé. Je vais rentrer chez moi.
Ok. C’est vrai que t’as pas l’air bien. T’es pas malade au moins ?
Non, juste fatigué. T’inquiète pas pour moi, va.
Ok. Je t’appelle si on fait un truc demain ? »
J’acquiesçai poliment sachant pertinemment que je ne sortirai pas de chez moi du week-end. Nous nous souhaitâmes une bonne soirée avant de nous quitter. Dès que j’entrai dans mon studio, je me débarrassai de mon sac de cours et de ma veste, ainsi que de mes chaussures avant de m’allonger sur le lit. Je fermai les yeux, tentant de faire le vide dans mon esprit. La fatigue s’empara de moi.
On frappa à la porte. Je soufflai de mécontentement en me levant afin d’aller ouvrir. Roland se trouvait derrière la porte et il me lança un regard inquiet. Il profita de l’espace que j’avais laissé entre le battant et moi lorsque j’avais ouvert pour se faufiler à l’intérieur.
« Roman m’a dit que tu venais pas ce soir, alors je me demandai si ça allait, » me dit-il en prenant mon visage entre les mains.
Je refermai la porte. Et il m’embrassa furtivement, puis plongea son regard dans le mien.
« Ça va ? Tu as été morose toute la semaine. Quelque chose c’est passé ?
Ça va. Je suis juste fatigué, » mentis-je. « Je venais juste de me coucher.
Ok. Alors je te laisse te reposer et je passerai demain pour voir comment tu vas, ok ? »
« Ou tu pourrais rester, » pensai-je sans oser le dire à voix haute. Au lieu de cela, j’acquiesçai. Roland me donna un dernier baiser avant d’ouvrir la porte et de disparaître à nouveau. Je regagnai mon lit, sachant pertinemment que je ne trouverai plus le sommeil. Je fus une nouvelle fois dérangé par des coups frappés à la porte. Mon ami était de retour.
« Je peux rester avec toi, finalement ? » me demanda-t-il.
J’acquiesçai, un sourire éclairant mon visage pour la première fois depuis le début de la semaine. Je fermai la porte et le pris par la main. Je l’emmenai vers le lit et nous nous allongeâmes dans les bras, l’un de l’autre. Cela faisait tellement de bien de pouvoir l’enlacer. Nous nous embrassâmes plusieurs fois avant de nous endormir.
Je me réveillai quelques heures plus tard, reposé. Le soleil s’était couché depuis peu. Mes yeux papillonnèrent puis s’ouvrirent enfin. Je tournai la tête vers Roland qui était déjà éveillé et qui m’observait pendant mon sommeil. J’eus un sourire gêné. Il passa une main caressante dans mes cheveux.
« Tu te sens mieux ?
Un peu. »
Il approcha alors son visage du mien et lia ses lèvres aux miennes. Sa langue s’insinua dans ma cavité buccale. Je répondis à son baiser avec ferveur. Il passa une main sous mon tee-shirt effleurant la peau de mon dos. Je frissonnai à son contact. Je l’entourai de mes bras, l’amenant à se placer sur moi. Il caressa mon torse puissant. Je gémis contre ses lèvres. J’avais tellement envie de lui. Une érection commençait à naître dans mon jeans.
« Eh ! Dude ! Ton téléphone sonne !... » se fit entendre.
Roland quitta ma bouche alors que je poussai un grognement de frustration. Il s’assit à califourchon sur moi et sortit son portable de sa poche. Il regarda l’écran.
« C’est Roman, » dit-il avant de décrocher. « Oui, Roman ?
 »
Je tendis les bras vers la table de chevet et tournai le faisceau de mon réveil vers moi. Il était vingt heures passé. Roland allait sans doute rejoindre son frère et le petit groupe. Je passai mes bras derrière ma tête et observai l’Apollon assis sur moi.
« Je suis encore chez Benjamin.

Je sais pas encore. Je te tiens au courant, ok ?
À plus. Ok. Bye. »
Il raccrocha et se pencha sur moi afin de poser son téléphone sur la table de chevet. Puis, il se releva et posa ses deux mains sur ma poitrine.
« Tu dois y aller ? » demandai-je alors.
« Tu veux y aller ? »
Je haussai les épaules dans une grimace qui reflétait mon envie de ne pas bouger.
« Alors, je préfère rester avec toi. Je ne t’ai presque pas vu de la semaine. »
Il se pencha sur moi et repris ma bouche. Je dégageai mes mains et vins les poser sur ses cuisses. Je le caressai à travers son jeans. Notre baiser se prolongea jusqu’à qu’un grognement féroce résonnât dans la pièce.
« Désolé, » fit Roland, une mine enfantine sur le visage.
Je ris de bon cœur.
« Ok. Pizza ça te va ?
Ça me va. T’appelle la pizzeria, et moi, j’appelle Roman pour lui dire que l’on reste ici ce soir. »
Sans attendre ma réponse, Roland se leva et attrapa son téléphone. Je me relevai à mon tour et pris le mien. J’allumai la lumière afin de pouvoir lire le prospectus du livreur de pizzas, accroché au réfrigérateur. Je composai le numéro.
« Allô, Roman ? » fit la voix de mon ami derrière moi. « Ouais, on va rester tranquille avec Benjamin, ce soir.

Ta gueule. À plus. »
De mon côté, je passai commande. Nous fûmes livrés une demi-heure plus tard. Nous dînâmes devant la télévision et l’estomac de Roland cessa enfin de crier famine. Nous passâmes notre soirée à discuter, regarder le poste, rigoler et jouer. Puis, tard dans la nuit, nous nous couchâmes, heureux d’être ensemble.


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Basé(e) sur une œuvre à lespetiteshistoiresdeloalann.blogspot.com.

6 commentaires:

  1. Eh oooooh, c'est quoi ce délire.... j'sais pas pour tes autres lecteurs mais zut à la fin, j'attendais un lemon, moi !!!!

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  2. Qui a dit que je n'étais pas sadique?

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  3. mdr Ouais ! On va protester ! non mais c'est bien que ce soit un peu à Benjamin d'être frustré =P j'espère que Roland s'est pas lassé comme le craint benjamin ...

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  4. Je ne dis rien, ça ne serait pas drôle. Mais, j'ai réfléchi à la suite et je m'y atèle de ce pas. Donc, elle arrive bientôt, n'ayez crainte.

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  5. Au moins, Benjamin a un petit aperçu de ce qu'il a fait subir à Roland. C'est un juste retour des choses. Qu'est-ce qui l'empêche de dire à Roland qu'il a envie de lui? Sa fierté ou sa gène? En tout cas, l'attente entretient le désir et leur première fois rique d'être très très chaude pour notre plus grand bonheur.

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  6. J'ai dit que je ne disais rien, mais je vous promets une belle surprise qui devrait faire des heureuses.

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