vendredi 30 octobre 2009

C'est parfois bien d'attendre (Fiction Yaoi) - Chapitre 02


« C’est sympa chez toi, » ironisa Lucas tandis que son hôte fermait la porte.
Il s’agissait un petit minuscule studio – ou était-ce une chambre d’étudiant ? – qui ne possédait même pas de coin cuisine. En revanche, il y avait un petit réfrigérateur, une micro-onde et une cafetière, rangeaient dans un angle de la pièce. Le lit était étroit accolé à l’un des murs. Le sol n’avait pas été nettoyé depuis un certain temps et des vêtements en pagaille s’amoncelait sur le sol. Lucas eut l’impression d’entrer dans l’antre d’un adolescent tout fraîchement libéré de la discipline parentale. Que faisait-il donc ici ? Pourquoi avait-il accepté de suivre cet inconnu ?
Il se tourna vers son cadet, le détailla encore une fois. Il était magnifiquement attirant : voilà pourquoi il avait concédé son invitation. Mais, ce garçon, saurait-il satisfaire l’homme qu’il était. Il n’était qu’un enfant, après tout. Sans un mot, Anthony s’approcha de lui et le poussa sur le lit défait où Lucas s’assit.
« Hé ! Doucement ! » s’exclama-t-il, s’appuyant sur ses mains pour ne pas être renversé.
« Quoi ? On est venu pour ça, non ? »
Anthony le chevaucha et s’assit sur les genoux de son invité. Il s’empara de la bouche de ce dernier avec fermeté, tachant de l’allonger. Mais celui-ci le repoussa pour rester droit.
« Laisse-moi au moins le temps d’enlever ma veste.
Ça, je peux le faire, » rétorqua le plus jeune en joignant le geste à la parole.
Anthony l’embrassa encore. Lucas comprit que son partenaire était impatient. Il lui paraissait être un jeune homme impétueux qui ne savait pas prendre son temps. Il ne devait pas connaître le plaisir que l’on ressentait à découvrir l’autre, à parcourir le corps d’un homme avec lascivité. Cependant, Lucas ne chercha plus à le ralentir. Ce n’était pas grave s’il n’avait pas droit aux préliminaires habituels. Il pouvait s’en passer. Mais il allait montrer à ce garçon trop avide qu’il venait d’entrer dans un autre monde, un univers d’adulte. Il défit donc la ceinture de son cadet et déboutonna le jeans. Il fit glisser le pantalon et le sous-vêtement d’Anthony d’un même mouvement. Il caressa les cuisses du jeune homme puis saisit ses fesses et le tira à lui. Le brun se redressa et s’appuya sur les épaules de son aîné afin de ne pas tomber en avant.
Le match allait commencer :
Anthony – 0, Lucas – 0.
L’aîné commença à lécher le début d’érection devant lui, tenant le postérieur de son partenaire pour l’empêcher de s’assoir. Du bout de la langue, il commença à tracer des sillons humides sur la virilité offerte. Il l’embrassa à son origine. Ses lèvres glissèrent jusqu’aux bourses du jeune homme qu’il goba. Il les mordilla, les lécha, les aspira, jouant des muscles de sa bouche. Le torturé gémit et son bourreau revint sur le pénis érigé. Il continua à lui donner des coups de langue avant de le prendre en bouche entièrement. Il fit remonter ses lèvres avec une lenteur exquise. Puis, Lucas accéléra les mouvements de va-et-vient. Il sentit le phallus grossir dans sa bouche. Il cessât et releva la tête pour embrasser son compagnon. En d’autres circonstances, il serait allé jusqu’au bout, mais il ne savait pas où était allé traîner ce petit morveux et ne souhaitait pas prendre de risques. Ceci dit, cette première caresse, maniant habileté et savoir-faire conférait à Lucas un premier avantage. Il ne laisserait pas ce petit con gagner ce jeu qui se jouait entre eux.
Anthony – 0, Lucas – 1.
Anthony l’embrassa et l’allongea sur le lit. Il défit la fermeture du pantalon de son partenaire et libéra son sexe. Il se releva, abasourdi.
« Quoi ? Je ne te fais aucun effet ?
Il me faut un peu plus qu’un simple baiser pour m’exciter. »
Une petite pique qui accordait à Lucas un autre point.
Anthony – 0, Lucas – 2.
Le plus jeune lança un regard dédaigneux à son aîné et acheva d’enlever le bas de Lucas avec précipitation. Puis, il se coucha entre les jambes de ce dernier et s’attela à donner de la vigueur au membre reposé. Il commença à le branler doucement, observant les réactions de son partenaire qui le regardait, feignant l’impatience. Le sexe commençait à se dresser entre ses doigts. Anthony vint lécher le gland tout en continuant à faire jouer sa main sur le phallus. Il suçota le bout rosi. De sa main libre, il caressa l’intimité de son compagnon qui gémit à son tour. Il le pénétra d’un doigt. L’autre se crispa, poussant un petit cri de surprise.
« Putain. Fais pas ça, » s’énerva Lucas qui se savait au bord de l’explosion.
Anthony – 1, Lucas – 2.
« Quoi ? Ça ? » le taquina le plus jeune en enfonçant un second doigt en lui.
Anthony – 2, Lucas – 2.
L’aîné poussa un râle de plaisir. On venait de s’attaquer à son point faible. Anthony reprenait l’avantage. Le match allait être plus serré que le châtain ne l’aurait pensé. En quelques secondes, son adversaire l’avait rattrapé. Peut-être que ce petit crétin savait y faire après tout ? Peut-être l’avait-il sous-estimé ? Mais, se rendait-il compte de ce qu’il faisait ?
Le plus jeune continuait à faire jouer ses doigts en son partenaire, tout en le prenant en bouche. S’il poursuivait dans cette voix, Lucas ne pourrait plus se retenir et son cadet gagnerait le match. Ce n’était pas pensable. Un liquide blanc commençait déjà à s’échapper de son phallus. Lucas essaya de vider son esprit, de penser à quelque chose qui le maintînt à un seuil acceptable. Son cœur battait de plus en plus vite. Son souffle devenait plus court. La chaleur l’envahissait. Sa peau se faisait brûlante. Il perdait le contrôle. Aussi, il ne put s’empêcher de pousser un gémissement de frustration lorsque l’autre cessa et se releva pour ôter son pantalon et son boxer toujours sur ses chevilles.
Anthony – 3, Lucas – 2.
Lucas venait de perdre son avantage devant son cadet. Il fallait qu’il se reprît. Anthony s’étira jusqu’à la table de chevet d’où il expira une guirlande de préservatifs. L’aîné le regarda étonné.
« Tu fais la collection ?
J’en utilise beaucoup, » répondit le plus jeune en arrachant l’emballage de ses dents.
« Frimeur ! » pensa alors Lucas. L’autre fit glisser le latex sur son membre et il se mit à genoux entre les jambes de son partenaire qu’il plaça sur ses épaules. D’une seule poussée, il rendra dans son compagnon qui laissa échapper une petite giclée de sperme en se crispant autour de l’intrus dans un râle d’extase. Il aimait tellement ça. La douleur et le plaisir se mêlaient pour l’amener au septième ciel. Et cela lui valut une nouvelle défaite.
Anthony – 4, Lucas – 2.
« T’aime vraiment ça, » remarqua le cadet d’un ton moqueur.
« Ta gueule, » fit l’autre, lui donnant un coup de rein.
Anthony – 5, Lucas – 2.
Lucas gémit de son propre mouvement. Pourquoi comptait-il les points, déjà ? À quoi bon ? Anthony commença à bouger en lui, lascivement. Lucas ne supportait pas cette lenteur. Il tenta de l’initier à une cadence plus soutenu. Son partenaire ne se fit pas prier et lui donna de violents coups de butoir. Le plus âgé agrippa les fesses de son compagnon afin de le tirer au plus profond de lui-même. Il perdait la bataille.
Anthony – 6, Lucas – 2.
Mais il pouvait encore rattraper son retard. Il joua des muscles de son anus, prodiguant un maximum de plaisir à Anthony.
Anthony – 5, Lucas – 3.
C’était violent, animal mais c’était tellement bon. Lucas ferma les yeux et se concentra sur le bonheur qu’il ressentait. Les râles roques résonnaient tout autour d’eux. Le plus jeune baissa les yeux vers son compagnon et fut irriter de voir cet homme prendre autant de plaisir. Il n’aurait su dire pourquoi. Habituellement, il adorait observer les expressions de ses partenaires au moment de l’extase. Mais l’autre y prenait un peu trop de plaisir, sans doute. Il se retira et Lucas gémit de frustration, ouvrant des yeux de ronds, mi-furieux, mi-surpris.
Anthony – 6, Lucas – 3.
« Retourne-toi ! » ordonna Anthony.
L’aîné n’aimait pas ça. S’il adorait sentir un phallus en lui, il avait horreur de se faire prendre par derrière tel un chien. Toutefois, il obéit. Cela ne deviendrait pas une habitude de toute façon. Alors pourquoi s’inquiéter à ce sujet ? Le brun écarta les fesses de Lucas et le pénétra avec force. Ce dernier crut s’évanouir de plaisir.
Anthony – 7, Lucas – 3.
Il le sentait bien mieux ainsi. Qui avait dit que cette position était dégradante pour le passif ? C’était le pied. Le son des peaux qui claquaient les unes contre les autres, les cris de plaisir, les grincements du lit envahirent la pièce. Lucas avait envie de hurler son plaisir mais refuser de donner cette satisfaction à son cadet. Il se refusait à perdre. Il se mordit la lèvre inférieure pour ne pas hurler. C’était de plus en plus difficile de se retenir. Il allait jouir. Il contracta une nouvelle fois les muscles de son anus. Il ne lâcherait pas prise. Mais la chaleur l’envahissait. Un frisson d’extase parcourait son corps. Il ne tenait plus. Il explosa.
Anthony – 8, Lucas – 3.
« Tu te fais vieux, » fit Anthony qui continuait de bouger en lui.
L’étau de chair se fit plus étroit et le cadet se déversa dans son partenaire. Il s’écroula sur ce dernier, à bout de souffle. Lucas venait de perdre.
Anthony – 9, Lucas – 3.
C’était une victoire écrasante pour la jeunesse impétueuse. Le souffle haletant dans son cou irrita Lucas. Cependant, il refusait à demander à son partenaire de se pousser. Il souhaitait le sentir encore en lui. Mais, l’autre se retira et s’allongea sur le dos, à côté de lui, l’écrasant presque. Il tira la couette sur son corps nu, sans se soucier de son partenaire. L’aîné se plaça sur le flanc. Il posa sa tête dans sa main, le coude plié et observa ce jeune homme qu’il avait sous-estimé. Ce dernier tira une cigarette du paquet posé sur la table de chevet et l’alluma. Il recracha la fumée, faisant des ronds blancs au-dessus de sa tête.
Lucas lui prit la cigarette des mains et en aspira une bouffée. Il regarda la braise rougeoyante la consumer. Son compagnon le la lui reprit.
« T’as pas un truc à faire ? » fit ce dernier. « J’sais pas. Autre part ?
Pas dans l’immédiat. »
« Petit con ! » pensa Lucas. Il allait le mettre à la porte. Mais il n’était du genre que l’on chassât. Il partirait de lui-même, quand il l’aurait décidé et ce n’était pas immanent. Il glissa une main sous les couvertures et effleura le membre au repos de son partenaire. Il le sentit frissonner sous ses doigts et se dresser un peu. Il s’en empara et commença de lents mouvements de va-et-vient sur la verge qui gonflait dans sa main. Il embrassa son cadet dans le cou, le marquant.
« T’en a pas eu assez ? » demanda Anthony.
« Mmh, non, » gémit l’autre.
Le plus jeune écrasa sa cigarette et s’empara de la bouche de Lucas. À présent, il savait qu’il n’avait même pas à toucher sa virilité pour lui procurer le plaisir tant attendu. Il  étreignit son partenaire. Il faufila ses mains jusqu’au postérieur de ce dernier et le pénétra d’un doigt, un sourire conquérant déformant son visage. Lucas se mit à rire. Il se croyait si malin ce petit crétin. Cependant, cette fois-ci, l’aîné ne compta pas les points. C’était inutile. Il savait qu’il allait perdre. L’autre était doué, malgré son âge. Puis, à quoi bon ? Seul le plaisir comptait.
Ce fut tout aussi violent et animal que la première fois. Lucas ne retint pas ses hurlements d’extase. Son partenaire s’en amusa et tenta de le faire crier de plus en plus fort. Il y parvint. Les murs étaient fins, et savoir que tous ses voisins profitaient de ses ébats l’excita d’avantage. Quant à lui, l’aîné n’y pensa pas. Tout ce qui lui importait c’était la chaleur qui l’envahissait, le plaisir qui le submergeait. Il sentait que quelque chose avait changé, que son compagnon se faisait plus rude, plus attentif à son plaisir aussi, mais il ne s’en formalisa pas. Anthony l’amena au septième ciel pour la seconde fois. Ils s’écroulèrent haletant.
Le plus jeune se fit tendre. Il caressa les cheveux de son aîné, l’embrassa avec douceur. Lucas fut surpris et sourit. Avait-il gagné quelque chose sans qu’il ne le sût ? La fatigue s’empara d’eux. Les paupières se fermèrent. Ils s’endormirent, l’un dans l’autre, transpirant leur bien-être.
La chasse d’eau réveilla Lucas, quelques heures plus tard. La pièce était sombre. Il faisait nuit dehors. La porte de la salle d’eau s’ouvrit. Il entendit son compagnon se déplacer dans la petite chambre en silence. Il n’avait pas allumé la lumière. Les yeux du châtain s’habituèrent à l’obscurité.
« Aïe ! Merde ! » chuchota Anthony.
Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
T’es réveillé ? » dit-il, plus comme une affirmation qu’une question, s’asseyant au bord du lui.
« Ouais. »
Lucas se redressa et se frotta les yeux. Son hôte alluma la lumière.
« Quelle heure il est ?
Huit heures, » répondit le cadet.
« Il faut que j’y aille. »
L’aîné se leva et chercha ses vêtements au sol, parmi ceux déjà entassés là.
« T’en as eu assez, cette fois ?
J’ai connu mieux, » mentit Lucas. « Mais t’es jeune, je ne vais pas te demander de faire des miracles.
Enfoiré ! » rigola l’autre, lui claquant les fesses. « T’as pris ton pied pourtant, vu comment tu gueulais. Les voisins ont pu en profiter. »
Le plus âgé sourit. Il se rhabilla en toute hâte. Il posa sa main sur la poignée.
« J’y vais. Bye, » dit-il avant d’ouvrir la porte.
« Bye. »
Le châtain disparut. Anthony éteignit la lumière et se recoucha. Les bras derrière la tête, il regardait le plafond blanc. Il ne regrettait pas sa journée.


Creative Commons License
C'est parfois bien d'attendre by LoalAnn est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Basé(e) sur une œuvre à lespetiteshistoiresdeloalann.blogspot.com.

6 commentaires:

  1. eh bien ça commence fort entre ces deux là !!!!!

    RépondreSupprimer
  2. Pour moi, c'est le meilleur lemon que t'ait écrit. J'aime bien cette idée que leur corps à corps est comme un match dont ils comptent les points. Au final, même si le score est en faveur de Tony, ils sont tous les deux gagnants puisqu'ils ont eu tous les deux du plaisir. J'ai hâte de voir comment ils vont se retrouver alors qu'ils ne savent rien l'un de l'autre mis à part leur prénom.

    RépondreSupprimer
  3. Ayase : Merci beaucoup pour le compliment. Je n'aurai jamais cru que ce lemon deviendrait mon meilleur. Bien au contraire.
    Quant aux retrouvailles, elles promettent d'être explosives.

    Anonyme: comme toujours dans mes fictions...

    RépondreSupprimer
  4. LoalAnn c'est tout simplement magique tu est une grande écrivaine pour moi :)

    RépondreSupprimer
  5. Merci, ça fait du bien à l'égo ;)

    RépondreSupprimer
  6. J'ai pas cessé de sourire au comptage de point de Lucas, Anthony l'a battu à plate couture!

    RépondreSupprimer