Affichage des articles dont le libellé est Et vous ?... II (Fiction Yaoi) - Terminée. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Et vous ?... II (Fiction Yaoi) - Terminée. Afficher tous les articles

mercredi 28 octobre 2009

Et vous ?... II (Fiction Yaoi) - Epilogue


« Dire que mon histoire s’arrête là serait une erreur. Dix années ont passé depuis ma rencontre avec Roland, et chaque nuit, je ne me lasse pas de l’étreindre. Est-ce que je regrette de partager ma vie avec un homme ? Parfois, notamment lorsque les enfants de Roman et Lise me sautent dessus en riant ou lorsqu’ils s’endorment dans mes bras. Puis, je regarde le visage plein d’amour de Roland et j’oublie tous mes regrets. Je ne dis pas que notre vie a toujours été pleine d’amour et de joie. Nous avons connu nos problèmes, comme chaque couple. Cependant, je l’aime comme je n’ai jamais aimé personne avant lui.
« Alors ce n’est pas la fin, il s’agit juste du début de notre histoire, une histoire que je ne me fatigue pas de vivre… »
Benjamin prit la souris de son ordinateur en main et cliqua sur « sauvegarder ». Des mains se posèrent sur son épaule et glissèrent sur son torse. Les bras l’entourèrent et il ferma les yeux de bonheur.
« Tu as fini ? » demanda son amour, la tête sur son épaule.
« Oui. Je l’enverrai demain à mon éditeur. On verra bien ce qu’il pense de cette histoire.
Qu’il ose la critiquer et j’en fais de la charpie ! »
Benjamin rit de mon cœur de la menace de son compagnon, passant une main dans les cheveux de ce dernier.
« Puis, » ajouta celui-ci. « Je suis sûr qu’ils vont adorer le personnage de Roland.
Même s’ils ne l’aiment pas, moi, je l’aime et j’essaye de lui prouver tous les jours.
Et tu y arrives plutôt bien. »
Benjamin tourna le visage vers son partenaire de vie et l’embrassa tendrement.
« Allez. Il faut y aller. Les autres ne vont pas tarder à arriver.
Hm, » gémit Roland.
Benjamin éteignit son ordinateur et se leva. Ils quittèrent le bureau et allèrent dans la cuisine pour achever de préparer la soirée. Depuis qu’il avait reçu son diplôme universitaire, il s’était mis à écrire. Il avait trouvé un éditeur pour publier ses romans et avait gagné très vite en célébrité. Et à cette époque là, alors qu’il venait d’entrer dans la trentaine, il avait senti le besoin de raconter sa vie.
Il n’avait pas quitté Roland, pendant toutes ces années. Ils allaient bien ensembles. Ils s’étaient construits une vie commune. Seule une petite tête blonde à leur image manquait à ce tableau harmonieux, et Benjamin en souffrait. Il avait envie d’avoir des enfants. Roland se trouvait affecté par le besoin de son compagnon. Aussi, il avait pris la décision de faire des recherches sur l’adoption, en cachette. Il voulait s’assurer que l’on confiât un enfant à un couple homosexuel, avant d’en parler à son partenaire. Ce jour-là, il avait reçu une bonne nouvelle du centre d’adoption. Une loi venait de paraître, qui permettait aux couples gays d’adopter sans que la morale des bien-pensants ne pût leur en empêcher. Roland avait l’intention de partager la nouvelle devant tout le monde au dîner.
On sonna à la porte de l’appartement grand standing. Benjamin alla ouvrir. Il embrassa Roman et Lise qui venaient d’arriver et se jeta précipitamment sur leurs enfants qui rirent en essayant de le fuir.
« On se calme les enfants ! » réprimanda le père de famille.
« Ça vaut pour toi aussi, Benjamin, » plaisanta Lise.
« Tu ne t’es toujours pas débarrassée de cet humour pitoyable, ma chère Lise, » fit Benjamin, l’embrassant sur la joue.
La jeune femme haussa les épaules et sourit agréablement. Les deux petits monstres se cachèrent derrière leur mère. Roland revint à cet instant de la cuisine, un plateau entre les mains, qu’il déposa sur la table basse. Il embrassa son frère et sa femme avant de les inviter à s’asseoir et à boire un apéritif. Tout le petit monde s’assit, et la sonnette de l’entrée se fit à nouveau entendre. Benjamin se leva et alla ouvrir. Loïc et Gaëtan se trouvaient derrière la porte, tenant une bouteille de champagne. Ils avaient pris de l’âge depuis leur première rencontre mais l’amour qui les liait était toujours aussi éclatant.
Benjamin les fit entrer et ils allèrent s’asseoir. Les salutations furent faites et l’apéritif fut servi à tout le monde. Les deux enfants s’assirent chacun sur l’un des genoux de Benjamin. Les conversations fusèrent. Ils rirent de bon cœur. Les enfants crièrent sous les chatouilles de leur oncle.
« Bon. Avant qu’on passe à table, j’ai quelque chose de très important à vous dire, » déclara Roland, se levant.
Il passa un regard circulaire sur l’ensemble des personnes présentes pour s’assurer d’avoir toute leur attention. Bien sûr, son compagnon était trop occupé à jouer avec les deux enfants. Roland posa une main sur son épaule pour attirer sa vigilance. Ce dernier leva la tête vers lui.
« Benjamin et moi allons adoptés, c’est officiel.
Quoi ? » fit son partenaire surpris. « Comment ?
J’ai fait quelques recherches, et une loi vient de passer afin que les couples gays puissent adopter. Ce n’est pas encore fait, mais on peut tenter le coup si tu es d’accord. »
Benjamin posa les enfants à terre et enlaça son compagnon. Il l’embrassa tendrement, oubliant le monde autour d’eux.
« Pourquoi tu ne m’as rien dit ?
Je sais à quel point tu veux des enfants et je voulais être sûr que ce soit possible avant de te le dire. Mais, je te préviens, ça ne va pas être facile.
Je t’aime, » donna Benjamin pour toute réponse avant de se tourner vers ses invités et de lever son verre. « On va adopter ! »
Tout le monde applaudit et poussa des exclamations de félicitations.
« C’est la bonne occasion pour déboucher le champagne, » fit Loïc.
« Oui, » acquiesça Roland. « Je vais le chercher. »
Il disparut dans la cuisine et revint avec le champagne. Il fit voler le bouchon et servit les flûtes, déjà sur la table basse. La joie ambiante résonna dans la pièce. Benjamin ne cessait d’embrasser son partenaire de vie. Son bonheur était à son comble. Leur vie allait enfin être comblée de ce qui lui manquait. Encerclant Roland de son bras, levant son verre, le trentenaire se tourna vers l’autre couple homosexuel de la soirée.
« Et vous ?... »


Creative Commons License
Basé(e) sur une œuvre à lespetiteshistoiresdeloalann.blogspot.com.

mardi 27 octobre 2009

Et vous ?... II (Fiction Yaoi) - Chapitre 12


Le lendemain matin, je me réveillai aux côtés de mon cher et tendre. Il était allongé sur le ventre, son visage tourné vers moi, la couette lui descendant au bas des reins. Je repliai mon coude et posai ma tête sur mon poing. Je souris en détaillant le corps de l’Apollon reposant à côté de moi. L’envie de le toucher, de l’embrasser s’insinua en moi. Sa peau était-elle aussi douce qu’elle le paraissait ? Cela faisait une semaine que j’attendais que Roland se décidât à faire le premier pas, mais pourquoi ? Pourquoi devais-je patienter jusqu’à ce qu’il prît l’initiative ? Pourquoi n’étais-je pas celui qui initierait une étreinte fusionnelle ? Qu’avais-je à perdre ? Puis, peut-être que Roland attendait justement un geste de ma part ? Nous n’allions tout de même pas nous contenter d’innocents baisers et nous endormir dans les bras l’un de l’autre sans que jamais rien ne se passât. C’était à moi de faire un effort et de donner à notre relation une autre dimension. Puis, comment résister à ce corps sans défense, étendu sous mes yeux ?
Doucement, je faufilai une main sous le tee-shirt de Roland. J’effleurai son épiderme du bout des doigts. Sa peau était bien plus douce et chaude que ce à quoi je m’attendais. Mon compagnon fit une grimace dans son sommeil. Je poursuivis mes caresses, relevant peu à peu son vêtements jusqu’aux aisselles. Il gémit. Je souris de plus belle. Ce son était si agréable à mes oreilles. Je glissai dans le lit et me mis à la hauteur de son postérieur, me plaçant entre ses jambes. Je déposai un premier baiser au creux de ses reins et attendis sa réaction qui ne tarda pas à se faire entendre sous la forme d’un nouveau gémissement. Avec une lenteur extrême, du bout de ma langue, je remontai le long de sa colonne vertébrale jusqu’à l’espace entre ses omoplates. Puis, j’évitai son tee-shirt et montai jusqu’à sa nuque où je déposai une multitude de baisers. Je collai mon début d’érection contre son postérieur. Roland gémit encore.
« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda-t-il d’une voix demi-éveillée.
« J’ai envie de toi, » murmurai-je à son oreille.
Un large sourire fendit son doux visage, dont les yeux restés clos.
« J’aime entendre ça dans ta bouche, » dit-il. « Redis-le encore.
J’ai envie de toi, » murmurai-je à nouveau, embrassant son cou.
« Encore.
J’ai envie de toi.
Encore, » répéta-t-il en se tournant un peu vers moi.
« J’ai envie de toi. »
Roland passa une main derrière ma nuque et plaqua ses lèvres contre les miennes. Il m’embrassa tendrement, puis sa main glissa, se laissant tomber sur le martelât. Il cessa de m’embrasser.
« … fatigué… » murmura-t-il, d’une voix à peine audible.
Je venais de prendre un coup de poing dans l’estomac. Tout mon corps me faisait mal. Alors c’était cela qu’avait ressenti Roland à chaque fois que je l’avais repoussé ? Je roulai sur le lit, afin de ne plus écraser mon ami et m’assis au bord du lit. Roland passa un bras autour de ma taille et m’empêcha de me lever.
« Tu vas où ? » m’interrogea-t-il, d’une voix géniarde.
« Nulle part. Je me lève, c’est tout.
Reste avec moi.
J’en ai marre de traîner au lit à rien faire, » m’énervai-je sans le vouloir.
Mon ego venait d’en prendre un coup et il me faudrait sans doute un moment pour passer outre cette première tentative avortée. Alors que ma colère grandissait en moi, Roland m’obligea à me rallonger, appuyant fermement sur mon torse. Tel un félin aux gestes vifs et imperceptibles, il se retrouva étalé de tout son long sur moi, m’empêchant de me relever. Il avait enfin ouvert les yeux et me souriait de son air lubrique.
« Qui a dit qu’on ne ferait rien ?
T’as pas dit que t’étais trop fatigué ?
Non. J’avais juste besoin de quelques minutes pour me réveiller. »
Sans me laisser le temps d’ajouter quoi que ce fût, il colla sa bouche contre la mienne. Il m’étreignit avec ferveur. Nos langues s’entremêlèrent un moment. Puis, ses lèvres quittèrent les miennes et glissèrent sur mon menton jusqu’à mon cou.
« Alors tu veux qu’on se la joue sauvage ou tendre pour notre première fois ? » murmura-t-il à l’oreille.
Il mordilla mon lobe d’oreille. Je glissai mes mains sous son tee-shirt et le caressai amoureusement.
« Tendre, » répondis-je enfin.
Il cessa de taquiner mon oreille et reposa ses lèvres contre les miennes. Il me donna le plus doux et le plus affectueux des baisers que l’on m’ait offert jusqu’à ce jour. Il caressa ma joue du revers de sa main, tout en m’embrassant. J’avais l’impression de fondre. Mon esprit s’envolait. Plus rien ne persistait si ce n’était cette étreinte plus suave et plus amoureuse que tout. Tandis qu’il me prodiguait ce baiser qui me faisait perdre la tête, il fit glisser ses mains sur mes flancs, les caressant. Je frissonnai. Je le serrai un peu plus contre moi, comme pour l’empêcher qu’il quittât mes bras. Mes mains se baladèrent sur son corps sans que je ne contrôlasse quoi que ce fût. Je remontai son tee-shirt jusqu’à ses aisselles et il quitta mes lèvres pour l’ôter. Je ne pus réprimer un grognement d’insatisfaction.
Assis sur moi, Roland me sourit amoureusement. Il m’aida à enlever mon propre vêtement. Puis, il laissa promener ses doigts sur mon torse, dessinant des symboles inconnus. Je le regardai faire, mes mains sur ses cuisses. Mes doigts remontèrent ces dernières et se faufilèrent sous le tissu du boxer. Roland se pencha à nouveau sur moi, effleurant mes lèvres des siennes. Je frissonnai sous ses nombreuses cajoleries d’une délicatesse infinie. J’avais l’impression d’être dans un autre monde, un monde fait que pour nous.
Doucement, mon amant quitta une nouvelle fois ma bouche et descendit jusqu’à mon menton. Il l’embrassa, puis ce fut ma gorge et ensuite, mon torse. Avec une lenteur extrême, il caressa mon buste du bout de ses lèvres. Je poussai plusieurs râles tandis qu’il descendait de plus en plus bas. Lorsqu’il fut arrivé à l’oraison de mon caleçon, je me cambrai et il m’ôta ce dernier. Mon phallus se dressa contre mon bas-ventre. Le souffle de Roland vint le caresser. Je gémis en réponse à cette divine cajolerie. Les lèvres de mon amant se posèrent sur mon membre suintant avec toujours autant de tendresse. J’étais déjà sur le point d’exploser, tandis qu’il jouait de sa langue lascivement. Ma respiration se fit difficile. Mon cœur menaçait de quitter ma poitrine. Le sang fusait à mon cerveau[1]. Mes yeux se voilèrent.
Roland me prit en bouche, m’avalant de toute ma longueur. Puis, ses lèvres pulpeuses remontèrent avec une lenteur exquise. Mon partenaire m’offrait tout son savoir-faire. Il m’aspirait entièrement. Je ne résistai pas longtemps et jouis dans sa bouche. Il se délecta de mon suc, n’en laissant pas une goutte. De sa main droite, il s’empara de ma virilité, tachant de lui rendre toute sa vigueur. Il glissa son autre main, derrière lui sans que je ne pusse voir ce qu’il faisait. Il se rallongea sur moi et m’embrassa à nouveau, ses deux mains s’afférant à préparer la suite. Je le caressai encore, timidement. J’avais peur de le briser. Il était si beau. Il semblait si pur malgré ce qu’il venait de faire.
Il se releva et ôta son boxer, libérant un sexe en érection exaltant. Mes yeux s’attardèrent sur ce membre puissant. Une soudaine envie d’embrasser ce morceau de chair rosie me prit. Je n’en fis cependant rien. J’observai ce corps magnifique dans le moindre de ses détails. Je remarquai une charmante petite tâche de naissance dans le creux d’une de ses cuisses. Un autre endroit où j’avais envie d’y apposer mes lèvres avec amour. Mon regard croisa celui de mon amant et il me sourit. Une telle félicité se dégageait de ce sourire que je crus fondre à nouveau.
Puis, Roland s’assit sur moi et m’emprisonna en lui. Nous gémîmes en même temps. L’étau de chair autour de mon phallus se détendit en peu de temps. Je profitai de la chaleur de ce corps qui m’était offert. J’exaltai. Lentement, mon amant commença à bouger sur moi. Des petits cris d’extase s’échappaient de ses lèvres à demies ouvertes. Mes yeux s’embuèrent de plaisir. Pourtant, je ne quittai pas mon amant du regard, observant la moindre de ses expressions. Quelques va-et-vient lascifs plus tard, Roland s’empara de son propre sexe et commença à se branler au rythme de ses coups de reins. Une éternité sembla passer tandis qu’il m’offrait un plaisir incomparable. J’explosai et me libérai en lui dans un râle extatique. Je sentis l’étau de chair se resserrait autour de moi et un liquide chaud éclaboussa mon torse. Roland s’écroula sur moi. Je l’entourai de mes bras. Nous étions tout les deux à bout de souffle. Nous continuâmes à nous embrasser tendrement et l’excitation revint. Nous reprîmes notre étreinte avec autant de douceur que la première fois.
Après que nous eûmes joui une nouvelle fois, Roland se laissa choir sur le lit à côté de moi.
« J’en peux plus, » fit-il, le souffle haletant. « J’ai trop soif.
Il y a de l’eau dans le frigo, » l’informai-je, respirant avec autant de difficultés que lui.
Roland déposa un rapide baiser sur mes lèvres et s’assit au bord du lit. Il enfila son boxer avant de se lever. Je le regardai se déplacer jusqu’à la cuisine, roulant les hanches, aguicheur. Il ouvrit la porte du frigo et se pencha, jambes tendues, accentuant la courbe de ses rein. Il prit une bouteille et referma de frigo. Il but l’eau et le liquide dégoulina le long de sa gorge puis de son torse. Il me jeta un coup d’œil qui se voulait discret afin de s’assurer que ses faits et gestes avaient l’effet escompté. Je ne bougeai pas et continuai à l’observer, le désir se faisant de plus en plus violent. Il se pencha alors sur la table où étaient établées des feuilles de cours, cambrant son dos.
« Tu bosses sur quoi ? » demanda-t-il, mine de rien.
Je ne tins plus et me levai. Nu comme un vers, le membre dressé, je m’approchai de lui pour me placer derrière lui.
« La deuxième guerre mondiale. » répondis-je.
Je glissai un doigt dans son sous-vêtement et descendis le long de sa raie avec lenteur. J’insinuai mon doigt dans son intimité. Il se crispa de surprise.
« Mais, putain. Tu fais quoi, là ? » s’énerva-t-il.
Je me penchai sur lui, collant ma bouche contre son oreille et mon doigt bougeant en lui. Il posa ses deux mains sur la table afin de ne pas s’écrouler sous mon poids.
« Je te prépare à me recevoir. C’est bien comme ça qu’on fait, non ? » répondis-je, la voix roque.
« Oui. Mais là, ça fait deux heures qu’on s’envoie en l’air alors, j’ai plus vraiment besoin de préparation.
Ok. Alors si on se la jouait sauvage maintenant ?
T’es insatiable, » fit-il un petit rire dans la voix.
« C’est pas ce que tu attendais en m’aguichant comme ça ?
- Peut-être.
J’ôtai mon doigt et lui enlever son boxer avec vigueur. Sans plus attendre, je le pénétrai férocement. Roland poussa un cri de surprise et se contracta autour de moi.
« Sauvage, ok. Mais vas-y doucement quand même.
C’est pas prévu. »
Je lui mordis l’épaule. Je n’attendis pas qu’il se détendît et reculai mon membre avec force.
« Putain, Benjamin ! Ça fait mal ! Calme-toi ! »
Je m’engouffrai en lui avec autant de violence. Roland cria encore mais n’ajouta rien pour me dissuader d’être aussi brutal. Je l’avais aimé pendant deux heures, maintenant, je voulais le voir hurler son plaisir. Je lui donnai plusieurs coups de buttoir puissants à une cadence très lente. Je sentis Roland se resserrer intentionnellement autour de mon membre engorgé. Il avait envie de cela autant que moi.
« Plus vite, » gémit-il.
Je refusai d’accélérer et continuai à le violenter au rythme que j’avais décidé. Les bruits de peaux qui claquaient résonnaient autour de nous. Loin des gémissements alanguis que nous avions pu produire auparavant, des râles puissants et brutaux s’échappaient de nos lèvres. Roland fit un mouvement pour prendre son sexe en érection mais je le stoppai. Je quittai son intimité et le retournai brusquement. Mon amant poussa un petit cri d’étonnement. Je le soulevai et le fis s’asseoir sur la table. Il posa ses mains derrière lui afin de tenir droit. Je mis ses jambes sur mes épaules. J’entrai en lui et posai mes mains sur les siennes, entrelaçant nos doigts, l’empêchant de se toucher.
Roland bascula sa tête en arrière tandis que je bougeai en lui. Puis, il fixa son regard brûlant dans le mien. Je repris le même rythme qu’auparavant. Mon amant se mordit la lèvre inférieure mais ne quitta pas mes yeux des siens. Nous nous regardâmes fixement tandis que je mouvais violemment en lui. Me sentant au bord de l’abandon, j’accélérai le mouvement. Roland renversa sa tête en arrière d’extase en gémissant. Je me fus de plus en plus violent et les cris de mon amant devinrent de plus en plus forts. Il avait beaucoup de mal à tenir sur ses bras. J’explosai et m’écroulai sur lui. Je desserrai mon étreinte autour de ses doigts et il m’enlaça.
« T’es fier de toi ? » se plaignit Roland. « Tu as eu ce que tu voulais, mais moi alors ? »
Je relevai la tête pour le regarder. Il me sourit comme pour me dire qu’il se moquait de ne pas avoir joui, que seul mon bonheur l’importait. Je lui souris à mon tour avec une autre idée en tête. Je me plaçai entre ses cuisses et profitai de l’instant pour embrasser cette tâche de naissance qui m’avait fait tant envie. Roland gémit. Je donnai alors un grand coup de langue sur son sexe rougie, lui extirpant un autre gémissement. J’entourai son gland de mes lèvres et aspirai comme pour en extraire le jus. Mon amant passa ses doigts dans mes cheveux. Quelques gouttes s’échappèrent de son phallus. Le goût était amer, désagréable. Mais les râles de plaisir de mon amant valaient bien ce peu d’amertume. Je recouvris mes dents de mes lèvres et descendis le long de sa virilité. Je jouai de ma langue ainsi que de tous les muscles de ma bouche et de ma gorge pour lui offrir l’extase tant attendue. Il ne tarda pas à se libérer dans ma bouche. Je me retournai et recrachai son jus dans l’évier. Je fis couler l’eau pour nettoyer la cuve et me rinçai la bouche.
« Désolé, » me fit Roland allongé sur la table.
Je me retournai vers lui pour constater qu’il me regardait inquiet. Je m’approchai de lui et me mit entre ses cuisses, un sourire bienheureux sur le visage.
« C’est pas grave. C’est pas ça qui m’empêchera de recommencer. »
Il parut soulagé. Je l’obligeai à se relever. Il m’encercla de ses bras et de ses jambes. Je le portai jusqu’au lit. Je nous y allongeai, lui sur moi. Je l’embrassai sur le front. Il nicha sa tête dans mon cou et nous nous assoupîmes. Lorsque nous nous réveillâmes, quelques heures plus tard, nous reprîmes nos ébats acharnés. Nous ne fîmes rien d’autre que faire l’amour et dormir durant tout le week-end. En deux jours, Roland me fit découvrir toutes les manières d’aimer l’être cher qui existaient. Je connaissais enfin de bonheur dans ses bras. Je compris enfin les signes étranges que Roland se plaisait à écrire sur mon torse.
« Je t’aime. »

Mot de l’auteur : Vous le vouliez et bien, je vous en ai fait deux pour le prix d’un – question de me rattraper. Il y en a pour tous les goûts. J’espère que les frustrées seront satisfaites.



[1] Oui, le cerveau !


Creative Commons License
Basé(e) sur une oeuvre à lespetiteshistoiresdeloalann.blogspot.com.

Et vous ?... II (Fiction Yaoi) - Chapitre 11


Le soir venu, Roland vint passer la soirée chez moi. Je passai mon temps à l’effleurer – involontairement – ou à l’embrasser – intentionnellement. Installés sur le canapé, à regarder un vieux film à la demande de mon compagnon, ce dernier avait la tête au creux de mon épaule et l’une de ses mains sur ma cuisse, me caressant la jambe. La proximité faisait battre mon cœur plus vite. Je n’étais pas vraiment à l’aise. Mais malgré mes appréhensions, j’étais excité par la chaleur de ce corps contre le mien. Je n’arrivai pas à me concentrer sur ce que diffusait la petite lucarne, l’esprit trop occupé par ce qui allait suivre.
Je soupirai en posant ma tête sur mon poing, mon coude posé sur le dossier du canapé.
« Ça va ? » me demanda Roland. « Le film t’ennuie ?
Non. Ça va, » lui répondis-je dans un demi-sourire avant de me retourner vers le film.
Il n’ajouta rien et nous suivîmes les méandres de la vie des personnages qui défilaient devant nous. En fin de soirée, nous allâmes nous coucher, tee-shirt et sous-vêtement pour seules parures. Roland se colla à moi sous les couvertures. Nos lèvres se rencontrèrent, nos langues se retrouvèrent dans un baiser tendre et passionné. Les battements de mon cœur s’affolèrent. C’était le moment. Mes rêves allaient enfin devenir réalité. Mes mains étaient moites. Je tremblai légèrement. Roland glissa une main sous mon tee-shirt et me caressa affectueusement le flanc, du bout des doigts. Pour la première fois depuis notre première rencontre, je le laissai faire. Ses gestes étaient si doux, si exaltants. Je respirai bruyamment par le nez tandis que nous nous embrassions. Le souffle me manquait. Je l’agrippai par les hanches et me plaquai contre lui. Je pouvais sentir son excitation frotter contre la mienne.
Roland cessa soudainement de m’embrasser. Il déposa un chaste baiser sur mes lèvres, puis sur ma joue avant de poser sa tête dans le creux de mon cou.
« Bonne nuit. »
Qu’est-ce que c’était que ça ? Était-ce tout ce dont il avait à me proposer ? Un simple baiser, quelques caresses tendres et puis, un charmant « Bonne nuit » ? Je passai mes bras sous ma tête dans un soupire et regardai le plafond.
« Bonne nuit, » répondis-je enfin.
Mais déjà la respiration de Roland était posée. Il s’était endormi plus vite qu’il ne fallait de temps pour le dire. Peut-être était-il seulement fatigué ? Peut-être que cela n’avait rien à voir avec moi ? J’observai son visage d’ange endormi. Il était subliment magnifique. L’envie de le couvrir de baiser se fit sentir. Sa peau pâle devait être si douce. Mon excitation ne se fit que plus drue. Je me dégageai précautionneusement et me levai. J’allai dans la salle de bain dont je fermai la porte derrière moi. Éclairé par les rayons de la lune qui transperçaient la petite fenêtre, je baissai le rabat de la cuvette et m’y assis. Je glissai une main dans mon caleçon et m’attelai à me débarrasser de mon érection douloureuse, des images de Roland encombrant mon esprit. J’éjaculai dans ma main. Je pris du papier toilette afin de m’essuyai, puis, me lavai les mains.
Je me rassis sur la cuvette et passai les mains sur mon visage, les coudes sur mes genoux. Et si Roland s’était lassé de moi ? Et si maintenant que je l’avais accepté, il ne voulait plus de moi, le chalenge ayant disparu ? Qu’allais-je pouvoir faire pour faire revivre cette flamme qui semblait s’être éteinte depuis que j’avais parlé de « petit-ami » ? Allions-nous devenir de simples amis ?
Découragé par toutes ces pensées noires, je me levai et rejoignis la pièce principale. J’observai encore le corps parfait de ce petit-ami qui ne semblait plus vouloir l’être, dans la semi-obscurité. Puis, j’attrapai mon sac de cours et m’installai à la table, qui me servait également de bureau. J’allumai une petite lampe afin de ne pas réveiller Roland. Je me mis à réviser mes cours, les partiels finaux approchant à grands pas. Trop préoccupé, je savais que je n’arriverais pas à dormir et le mieux qui me restait à faire, était de m’encombrer l’esprit d’autre chose que de ces questions sur ma relation avec mon compagnon.
La nuit défila à une allure folle et je ne me rendis pas compte du matin qui se levait.
« Benjamin ? »
Je levai la tête vers le lit pour y voir Roland, allongé sur le ventre, à me chercher à ses côtés.
« Je suis là. »
Il se retourna vivement vers moi et eut un sourire soulagé.
« Tu m’as fait peur. Je croyais que tu étais parti. Ça fait combien de temps que tu es réveillé ?
Quelques heures. J’arrivais pas à dormir. »
Il se leva et s’approcha de moi. Il passa ses mains sur mes épaules et les fit glisser sur mon torse. Je fermai les yeux, profitant de la caresse mais aussi anéanti par la peur qui m’avait accompagné toute la nuit. Il déposa un doux baiser sur ma nuque avant de caler sa tête sur mon épaule.
« Tu bosses ? T’as du courage. Il est quelle heure ? »
Je regardai les néons de mon réveil avant de lui répondre.
« Sept heurs trente.
Ha, merde ! J’ai cours dans une demi-heure. Je peux prendre une douche.
Bien sûr. Vas-y. »
Il embrassa rapidement ma joue, puis disparut dans la salle de bain. J’essayai de me replonger dans mes révisions, sans grand succès. Je me levai et m’adonnai à préparer du café. Roland réapparut une vingtaine de minutes plus tard. Il s’habilla.
« Tu veux du café ? » lui demandai-je ma propre tasse dans la main.
Il s’approcha et m’embrassa rapidement.
« Pas le temps. Je suis à la bourre. T’as l’air crevé. Tu devrais te reposer un peu avant d’aller en cours, » me fit-il en me caressant amoureusement le visage. « On se voit plus tard ? »
J’acquiesçai. Il s’écarta de moi, récupéra son sac et sa veste et disparu, me laissant seul avec toutes mes interrogations.

Durant la semaine qui suivit, ce fut à peine si je vis Roland, si bien que je me demandais s’il m’évitait. Pourtant, les rares fois où je le retrouvais, son comportement à mon encontre n’avait pas changé. Je ne savais plus quoi penser. En revanche, moi, je me laissais plonger dans une triste morosité. Mes nuits se faisaient de plus en plus courtes, et je tâchai de me noyer dans mon travail universitaire, espérant ainsi éviter de me poser trop de questions.
Le vendredi, après nos cours, alors que je n’avais pas vu Roland, son frère vint me voir.
« On sort ce soir. J’ai invité Lise à se joindre à nous. J’ai dû insister parce qu’apparemment les sorties entre amis, c’est pas trop son truc. Roland aussi sera là. Tu viens ? »
Au ton de sa voix, il s’agissait plus d’une affirmation que d’une question. Cependant, je n’étais pas d’humeur à sortir.
« Non, » répondis-je. « Je suis crevé. Je vais rentrer chez moi.
Ok. C’est vrai que t’as pas l’air bien. T’es pas malade au moins ?
Non, juste fatigué. T’inquiète pas pour moi, va.
Ok. Je t’appelle si on fait un truc demain ? »
J’acquiesçai poliment sachant pertinemment que je ne sortirai pas de chez moi du week-end. Nous nous souhaitâmes une bonne soirée avant de nous quitter. Dès que j’entrai dans mon studio, je me débarrassai de mon sac de cours et de ma veste, ainsi que de mes chaussures avant de m’allonger sur le lit. Je fermai les yeux, tentant de faire le vide dans mon esprit. La fatigue s’empara de moi.
On frappa à la porte. Je soufflai de mécontentement en me levant afin d’aller ouvrir. Roland se trouvait derrière la porte et il me lança un regard inquiet. Il profita de l’espace que j’avais laissé entre le battant et moi lorsque j’avais ouvert pour se faufiler à l’intérieur.
« Roman m’a dit que tu venais pas ce soir, alors je me demandai si ça allait, » me dit-il en prenant mon visage entre les mains.
Je refermai la porte. Et il m’embrassa furtivement, puis plongea son regard dans le mien.
« Ça va ? Tu as été morose toute la semaine. Quelque chose c’est passé ?
Ça va. Je suis juste fatigué, » mentis-je. « Je venais juste de me coucher.
Ok. Alors je te laisse te reposer et je passerai demain pour voir comment tu vas, ok ? »
« Ou tu pourrais rester, » pensai-je sans oser le dire à voix haute. Au lieu de cela, j’acquiesçai. Roland me donna un dernier baiser avant d’ouvrir la porte et de disparaître à nouveau. Je regagnai mon lit, sachant pertinemment que je ne trouverai plus le sommeil. Je fus une nouvelle fois dérangé par des coups frappés à la porte. Mon ami était de retour.
« Je peux rester avec toi, finalement ? » me demanda-t-il.
J’acquiesçai, un sourire éclairant mon visage pour la première fois depuis le début de la semaine. Je fermai la porte et le pris par la main. Je l’emmenai vers le lit et nous nous allongeâmes dans les bras, l’un de l’autre. Cela faisait tellement de bien de pouvoir l’enlacer. Nous nous embrassâmes plusieurs fois avant de nous endormir.
Je me réveillai quelques heures plus tard, reposé. Le soleil s’était couché depuis peu. Mes yeux papillonnèrent puis s’ouvrirent enfin. Je tournai la tête vers Roland qui était déjà éveillé et qui m’observait pendant mon sommeil. J’eus un sourire gêné. Il passa une main caressante dans mes cheveux.
« Tu te sens mieux ?
Un peu. »
Il approcha alors son visage du mien et lia ses lèvres aux miennes. Sa langue s’insinua dans ma cavité buccale. Je répondis à son baiser avec ferveur. Il passa une main sous mon tee-shirt effleurant la peau de mon dos. Je frissonnai à son contact. Je l’entourai de mes bras, l’amenant à se placer sur moi. Il caressa mon torse puissant. Je gémis contre ses lèvres. J’avais tellement envie de lui. Une érection commençait à naître dans mon jeans.
« Eh ! Dude ! Ton téléphone sonne !... » se fit entendre.
Roland quitta ma bouche alors que je poussai un grognement de frustration. Il s’assit à califourchon sur moi et sortit son portable de sa poche. Il regarda l’écran.
« C’est Roman, » dit-il avant de décrocher. « Oui, Roman ?
 »
Je tendis les bras vers la table de chevet et tournai le faisceau de mon réveil vers moi. Il était vingt heures passé. Roland allait sans doute rejoindre son frère et le petit groupe. Je passai mes bras derrière ma tête et observai l’Apollon assis sur moi.
« Je suis encore chez Benjamin.

Je sais pas encore. Je te tiens au courant, ok ?
À plus. Ok. Bye. »
Il raccrocha et se pencha sur moi afin de poser son téléphone sur la table de chevet. Puis, il se releva et posa ses deux mains sur ma poitrine.
« Tu dois y aller ? » demandai-je alors.
« Tu veux y aller ? »
Je haussai les épaules dans une grimace qui reflétait mon envie de ne pas bouger.
« Alors, je préfère rester avec toi. Je ne t’ai presque pas vu de la semaine. »
Il se pencha sur moi et repris ma bouche. Je dégageai mes mains et vins les poser sur ses cuisses. Je le caressai à travers son jeans. Notre baiser se prolongea jusqu’à qu’un grognement féroce résonnât dans la pièce.
« Désolé, » fit Roland, une mine enfantine sur le visage.
Je ris de bon cœur.
« Ok. Pizza ça te va ?
Ça me va. T’appelle la pizzeria, et moi, j’appelle Roman pour lui dire que l’on reste ici ce soir. »
Sans attendre ma réponse, Roland se leva et attrapa son téléphone. Je me relevai à mon tour et pris le mien. J’allumai la lumière afin de pouvoir lire le prospectus du livreur de pizzas, accroché au réfrigérateur. Je composai le numéro.
« Allô, Roman ? » fit la voix de mon ami derrière moi. « Ouais, on va rester tranquille avec Benjamin, ce soir.

Ta gueule. À plus. »
De mon côté, je passai commande. Nous fûmes livrés une demi-heure plus tard. Nous dînâmes devant la télévision et l’estomac de Roland cessa enfin de crier famine. Nous passâmes notre soirée à discuter, regarder le poste, rigoler et jouer. Puis, tard dans la nuit, nous nous couchâmes, heureux d’être ensemble.


Creative Commons License
Basé(e) sur une œuvre à lespetiteshistoiresdeloalann.blogspot.com.

lundi 26 octobre 2009

Et vous ?... II (Fiction Yaoi) - Chapitre 10


Jamais je ne me serais douté de ce qu’il m’attendait lorsque je revis Roland. Je reçus un coup de poing dans l’estomac et mon cœur se déchira en une multitude de morceaux. Le sang s’était figé dans mes veines gelées. Je compris alors ce que je venais de perdre en hésitant autant. Je pris conscience de la profondeur de mes propres sentiments. Dès que mes yeux se posèrent sur lui, je me figeai, interdit. Comment cela était-il possible ? Comment les choses en étaient-elles arrivées là ? Était-ce la fin ? Avait-il terminé de jouer avec moi ? Qu’étais-je donc pour lui ?
L’une de nos conversations me revint alors en mémoire : « … Quand je t’ai sucé l’autre soir, c’était parce que j’en avais envie, ok ? Et je ne pensais pas te revoir un jour. Je te demande pas non plus de me jurer un amour éternel. Tout ce que je voulais c’était me divertir un peu. Si ça t’intéresse pas, pas besoin de venir me voir… » Alors c’était seulement ça, pour lui. Il voulait seulement se « divertir un peu » à mes dépends. Moi, qui pensais que les choses avaient évolué entre nous. Moi, qui, la veille, hurlais comme un fou dans mon lit que j’avais un petit ami. Quel petit ami ?
Roman, aux côtés de son frère, se rendit enfin compte de ma présence et me fit signe de les rejoindre. Machinalement, pris d’une peur panique, je reculai d’un pas, comme s’il allait parcourir, en moins d’une seconde, la dizaine de mètres qui nous séparait et se jeter sur moi afin de me retenir. Il me lança un regard interrogateur. Roland se tourna enfin vers moi, et eut un air méprisant à ma vue. Étais-je entrain de rêve ? Cela ne pouvait pas être la réalité. L’homme que – je le réalisais enfin – j’aimais, ne pouvait pas me regarder ainsi. Je me retournai et partis en courant, fuyant la scène du délit.
« Benjamin ! » cria Roman derrière moi.
Je me réveillai en sueur et le cœur pris d’une triste angoisse. Quelque part, ce nouveau rêve était encore plus perturbant que ceux que j’avais pu faire auparavant sur le corps de Roland frémissant entre mes bras. Ce dernier songe était criant de vérité. Allais-je me rendre compte que j’avais perdu Roland ? Serait-il au bras d’un autre homme lorsque je le verrais dans quelques heures ? Mon anxiété me donnait envie d’aller le rejoindre, dès à présent. Seulement, je ne savais pas où il habitait. Cette peur irrationnelle m’amenait à m’imaginer dans les rues près du parc où nous avions passé un si agréable samedi, entrain de hurler son nom à tort et à travers jusqu’à entendre réponse. Je tentai de chasser ces appréhensions qui me tyrannisaient mais ne parvins pas à me rendormir.
Ce fut donc épuisé que je me rendis à la faculté le lendemain matin. Je vis les jumeaux assis sur leur banc habituel, seuls, à mon grand soulagement. Je m’approchai d’eux.
« T’as une tête horrible ! » me dit Roland en guise de bonjour.
« Tu m’as manqué hier, » répondis-je sans pouvoir dissimuler ma joie de le revoir.
« C’est toi qui ne voulais pas que je vienne chez toi. »
Mon sourire bienheureux disparut. Roman avait donc vendu la mèche. Je lançai un regard furieux à ce dernier, qui en profita pour s’éclipser.
« Je crois qu’on m’appelle, là-bas, » fit-il en se levant.
Il s’éloigna prestement et je fis face à son frère.
« J’arrive pas à croire que tu préfères te confier à mon frère, plutôt qu’à moi.
Oui, mais c’est plus facile de parler de nos problèmes de couple avec quelqu’un d’autre que son petit-ami, » déclarai-je dans un sourire.
« C’est pas une raison, » s’énerva-t-il. « Attends ! Tu as dit petit-ami ? »
J’acquiesçai d’un signe de tête sans me départir de mon sourire, de plus en plus large.
« Et bien, en tant que "petit-ami", » dit-il, joignant le geste à la parole, un grand sourire éclairant son visage, « sache que je me retiens de te sauter au cou.
Et en tant que "petit-ami", » fis-je en imitant sa mimique, « qu’est-ce qui t’empêche de le faire ? »
Sans plus un mot, il se mit debout sur le banc et posa ses mains sur mes épaules, se penchant en avant. Puis, il me sauta dessus, enroulant ses jambes autour de ma taille et ses bras, de mon cou. Je glissai mes mains sous ses fesses afin de le soutenir. Il m’embrassa avec avidité. Je répondis avec plaisir à son baiser, caressant sa langue de la mienne, mouvant mes lèvres contre les siennes. Un raclement de gorge se fit entendre, et nous nous tournâmes vers le gêneur qui n’était autre que Roman.
« Vous vous êtes réconciliés à ce que je vois, » déclara-t-il de sa mine joyeuse. « Je vous préfère comme ça, les gars ! »
Roland sourit, puis posa sa tête contre mon épaule.
« Sinon, j’ai repensé à notre conversation de samedi, et je crois t’avoir trouvé la femme idéale, » lui dis-je.
« Tu as décidé de te débarrasser de Claire ? » me demanda Roland, pour plaisanter.
« Roland, t’es lourd.
Quoi !? » s’énerva-t-il contre moi. « Mais va te faire foutre ! De quel droit tu me parles comme ça ?
Non. Attends ! » tentai-je de le calmer. « Je veux dire que j’ai plus la force de te porter.
Ha ! Tu veux que je descende ? » s’enquit-il alors qu’il mettait déjà un pied à terre.
« Merci. »
Je secouai mes bras endoloris. Roland n’y paraissait pas, mais il était plus costaud que ce que l’on pouvait deviner sous ses vêtements. Toutefois, il refusait à se décoller de moi. Je le poussai un peu afin de m’asseoir sur le banc, et le tirai à moi pour qu’il prît place sur mes genoux. Il passa un bras autour de mes épaules et je fis de même avec sa taille, dans un geste de possession revendiquée. Roman s’assit à côté de nous.
« Bon, alors, » repris-je, « je pensais plutôt te présenter Lise.
En fait, » rétorqua Roman, « je suis pas sûr que ce soit une bonne idée.
Pourquoi ?
Ben, je suis pas sûr de vouloir une petite amie, finalement. »
Ce fut à cet instant que Laurent nous rejoignit, un air inquiet sur le visage.
« Salut ! » nous dit-il avant de se tourner vers Roman. « Je peux te parler ?
Ouais. Je t’écoute.
- C’est à propos de vendredi soir, » incita-t-il, sans doute dans l’idée que son interlocuteur préfèrerait ne pas aborder de sujet en public.
« Et alors ? » demanda Roman, puis devant les yeux interrogateurs de son ami, ajouta : « Tu peux y aller, ils sont déjà au courant.
Ok ! Et ben, pour ce qu’il s’est passé, ben, j’étais bourré et…
­- C’est bon, » le coupa l’autre. « C’est pas mon truc à moi non plus.
Tu me rassures, » affirma Laurent, visiblement soulagé. « Comme on en n’avait pas parlé, j’avais un peu peur que…
On peut arrêter de parler de ça et faire comme si rien ne s’était passé ?
Ça me va. »
Laurent se tourna vers nous, qui n’avions osé participer à la conversation. Il sembla nous demander notre accord.
« En fait, » dis-je pour répondre, « on cherchait une fille pour Roman. Et j’ai pensé à Lise.
Lise ? Tu déconnes. C’est pas terrible comme choix ! » s’exclama mon camarade de classe. « Elle a un caractère de chien.
Ben, apparemment, ça plaît à certain. Puis, elle n’est pas si méchante. Quand on la connaît bien, elle est super sympa.
Et tu la connais bien à quel point ? » m’interrogea Roland, visiblement jaloux.
Je lui donnai un rapide baiser afin de le rassurer.
« C’est juste une copine de classe, t’inquiète pas, » répondis-je en caressant ses cheveux ras.
«  Admettons, » reprit Laurent. « Mais c’est pas un canon non plus. Ben tiens, la voilà. »
Il fit un signe de tête en direction de la jeune fille qui arrivait sur le campus.
« Mais c’est un thon ! » s’accorda mon petit-ami.
« Ce n’est pas un thon. Tu exagère, » rétorquai-je. « Elle est juste un peu… ronde.
Un peu ? » fit Laurent.
« Ça me gêne pas. » intervint Roman.
Son frère lui lança un regard plus qu’étonné.
« Attends ! D’habitude, tu t’intéresses qu’aux gravures de mode. Qu’est-ce qu’il t’arrive ? On t’a enlevé un morceau du cerveau pendant ton coma ?
Toujours aussi spirituel, petit frère ! En attendant, regarde comment ça s’est terminé avec les autres. Peut-être que je devrais changer de genre de fille, non ?
Tu fais ce que tu veux, moi, je m’en fous ! » se défendit Roland.
« Bon, alors ? Tu veux que je te l’a présente ?
Qu’est-ce que j’ai à perdre ?
Rien, » répondis-je. « Mais, je dois te prévenir. Elle est pas super à l’aise avec les mecs au début. Donc va falloir t’accrocher. Elle te tombera pas dans les bras comme ça. Si t’as pas peur du défi, on y va et je te la présente.
Ok. De toute façon, faut qu’on aille en cours. Alors…
- Ben, bon courage avec elle ! » fit Laurent. « C’est pas gagné ! »
Roman haussa les épaules et ils partirent rejoindre le groupe de nos camarades qui amoncelait devant le bâtiment, en attendant de rentrer en classe. J’obligeai Roland à se lever et me mis debout à mon tour. Je l’embrassai.
« On se voit plus tard. Tu pourrais dormir à la maison ce soir, » lui proposai-je.
« Ok. À toute à l’heure. »
Il m’étreignit une dernière fois et je retrouvai les autres. Lorsque je fus à la hauteur de Roman, je le pris par le bras et l’emmenai en direction de Lise, à l’écart du groupe.
« Salut, Lise, » lui dis-je. « Je te présente Roman.
« C’est ton petit-ami, non ? » demanda-t-elle, sans prendre en compte sa présence.
« Son frère, » lui répondis-je.
« Alors, ça y est. T’as fait ton coming-out ?
Ouais. C’est officiel. Sinon, je pensais que comme Roman est arrivé en milieu de semestre, tu pourrais l’aider à rattraper son retard.
Pourquoi tu ne t’en charges pas ? C’est ton pote, non ?
Ouais, mais j’ai pas mal de difficultés moi-même. Puis, tu es la meilleure de la classe. »
Lise soupira puis étudia Roman de bas en haut.
« Tu sais comment caresser dans le sens du poil, toi au moins. Et sinon, on peut savoir pourquoi monsieur a loupé autant de cours ?
J’étais à l’hôpital, » répondit Roman.
« Ok, je m’en charge, » se résigna-t-elle. « Mais je promets pas d’être gentille.
Oh ! Comme d’hab’, quoi ? » plaisantai-je.
« Je t’aime moins d’un seul coup, » rétorqua-t-elle en fronçant les sourcils.
« Ne mens pas ! On sait tout les deux que tu m’adores. Bon, je vous laisse régler les détails, j’ai un truc à demander à Laurent. »
Sur ces mots, je tournai le dos à Lise et fis un clin d’œil à Roman, qui m’envoya un regard réprobateur. Puis, je les laissai seuls.


Creative Commons License
Basé(e) sur une œuvre à lespetiteshistoiresdeloalann.blogspot.com.

samedi 24 octobre 2009

Et vous ?... II (Fiction Yaoi) - Chapitre 09


J’entrai dans le parc, seul. Des familles et des couples s’y baladaient sous la douce lumière du soleil, malgré le froid hivernal. Je repérai Roman assis sur un banc, un peu plus loin. Cette attitude qui le différenciait de son frère me frappa aux yeux, sans que je ne pusse l’expliquer. Il regardait les gens dans le parc avec une mine un peu perdue. Je m’approchai de lui et m’assis sur le banc.
« Hé ! » le saluai-je.
« Salut. Où est Roland ?
Il est allé chercher les petits déj’. On a pas eu le temps de manger. »
Il hocha la tête.
« Je suis désolé, » fit-il en regardant devant lui. « Je suppose que vous aviez mieux à faire.
Honnêtement. Dis rien à ton frère, sinon Il va piquer une crise. Mais ton coup de fil m’a arrangé. »
Du coin de l’œil, je le vis sourire.
« Pourquoi ?
Ben, tu peux peut-être comprendre, puisque t’es hétéro. Mais tu me promets de rien dire à Roland ? »
Il se tourna vers moi, intrigué.
« Promis, vas-y.
Ben, imagine un moment que tu te réveilles après ton coma et que d’un seul coup tu te sens attiré par des mecs, alors qu’avant tu n’étais attiré que par des meufs.
Ok, et alors ?
Ben, quand tu rencontres un gars sympa avec qui tu t’entends bien, même si tu en as envie, ça te gênerait pas un peu, tu sais, de… enfin, quoi, tu vois ? Tu comprends non ? Mais Roland, il a pas l’air de comprendre.
Je comprends pas. Qu’est-ce qui te gêne ?
Oh, c’est pas vrai ! Tu vas pas t’y mettre aussi ? J’arrive pas à…
De quoi vous parler ? » demanda la voix de Roland derrière mon dos.
Je me retournai vivement. Mon ami venait d’arriver, tenant une barquette où étaient fixées trois tasses à café dans une main et un sac au sigle de Mac Donald dans l’autre.
« De rien, » répondis-je.
Il me lança un regard soupçonneux avant de tendre la barquette afin que Roman et moi prenions chacun un gobelet. Je pris également celui de Roland afin qu’il puisse jeter la barquette en carton dans une poubelle à proximité. Puis, il posa le sac entre son frère et moi. Il me prit sa tasse des mains et s’assit sur mes genoux, faisant face à son jumeau.
« Bon, alors ? Qu’est-ce qu’y t’arrives ? » demanda-t-il en prenant une gorgée de café.
« J’ai couché avec Laurent, hier soir. »
Roland recracha sa boisson chaude de surprise. Nous nous retournâmes d’un même mouvement vers Roman qui regardait toujours au loin.
« Quoi ? » firent nos voix à l’unisson.
« Je savais pas que Laurent était gay, » ajoutai-je.
Il ne l’est pas, » répondit Roman. « Hier, après que vous soyez partis, on a fait la route ensemble puisqu’il n’habite pas très loin. On était plutôt bourré et il m’a invité chez lui. Comme le courant passé bien, j’ai accepté. On a continué à boire chez lui. »
Et ? » s’enquit Roland.
« Ben, on a couché ensemble, je t’ai dit, » s’énerva son frère, se tournant enfin vers nous.
« Mais, comment tu en es arrivé là ?
Ben, tu vas bien toi. T’es là à m’exploser ton bonheur à la figure. Je me sens seul et toi tu as Benjamin. Alors j’avais envie d’être heureux moi aussi. Alors, j’ai couché avec Laurent pour voir ce que ça fait.
Et ?
Ben, y’a rien à faire. C’est pas mon truc.
- Et t’as pas pensé à aller voir une fille plutôt ? Ce qui serait plus logique.
- J’étais bourré, ok ? »
Roland secoua la tête et repris une gorgée de café. Il me lança un regard de biais. De mon côté, je comprenais pourquoi Roman n’avait pas compris mes appréhensions vis-à-vis de son frère.
« Et Laurent, dans tout ça ? » demandai-je.
« Ben, rien. Il était curieux, lui aussi. C’était juste comme ça, quoi !
Et tu vas faire quoi, maintenant ? » s’enquit mon ami.
- Ben, rien. Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?
- Si tu veux une copine, je peux essayer de t’arranger le coup, » proposai-je.
« Ouais. Tiens ! Il y a cette Claire, qui est plutôt jolie, » renchérit Roland.
« Non, pas Claire, » protestai-je.
« Pourquoi ? » m’interrogea mon ami soupçonneux. « Je croyais qu’elle te saoulait à toujours te tourner autour. Si elle se met avec Roman, tu n’auras plus ce problème.
Elle me saoule mais elle est trop chiante justement. Tu veux qu’en même pas que ton frère ce mette avec une fille pareille ?
Hé ! Je pourrais avoir mon mot à dire ? » intervint Roman.
« Oui, » répondis-je en me tournant vers lui. « C’est quoi ton genre de meuf ?
Ben, je sais pas. Des filles avec du caractère ?
Ok. Et puis ?
- Attends, » intervint mon ami. « Tu vas pas encore t’enticher d’une meuf qui va te mener par le bout du nez ?
- Tu t’es bien entiché d’un autre hétéro, toi, » répondit son frère.
Roland lui donna un coup de pied et lui lança un regard furieux. Mes yeux passèrent de mon ami, assis sur mes genoux, à son jumeau qui regardait ailleurs, faisant comme s’il n’avait rien dit.
« Un autre ? » demandai-je alors.
« Putain, tu n’aurai pas pu fermer ta gueule, » s’énerva Roland contre son frère. Puis, ce tournant vers moi, il me caressa le visage avec tendresse : « C’était il y a longtemps. Ça n’a rien avoir avec toi. Et va pas croire que c’est une habitude chez moi. Puis, ce matin, tu as dit que…
Ok, » le coupai-je afin qu’il ne revînt pas sur ce que j’avais avoué plutôt dans la matinée. « Donc, sinon, à part avec du caractère, tu cherches quoi chez une fille ? » demandai-je à l’autre frère.
Nous passâmes le reste de l’après-midi dans le parc, à discuter et à établir le profil type de la petite amie idéale de Roman. La conversation s’accentua de quelques disputes entre les jumeaux et de plaisanteries qui ne faisaient rire qu’eux. On pouvait voir que, malgré leurs différences, ils étaient sur la même longueur d’onde, et j’eus à plusieurs reprises l’impression d’être de trop. Cependant, à chaque fois que ce fût le cas, Roland m’embrassait ou me caressait les cheveux sous le regard jaloux de son jumeau. Je finis par rire de bon cœur avec eux. J’étais de plus en plus à l’aise entre les deux frères. Je prenais, de temps en temps, Roman comme allié afin de plaisanter aux dépends de mon ami. Comme Roland l’avait prévu, son jumeau et moi nous entendions à merveille. Puis, la timidité de Roman semblait disparaître à mon contact. Peut-être était-ce seulement du fait de la présence de son frère ? Mais j’aimais à croire que je n’y étais pas pour rien. Je m’habituai également aux gestes d’affection de Roland en public.
Cependant, en fin de journée, lorsqu’il fut temps de nous séparer, j’envoyai des regards suppliants à Roman afin qu’il retînt son frère qui souhaitait rentrer avec moi. Le jeune homme comprit mon message et persuada Roland de rentrer avec lui. J’articulai un merci de gratitude tandis que mon ami me tournait le dos. Lui et moi, nous nous embrassâmes avant de nous éloigner l’un de l’autre. Nous nous dîmes au revoir et rentrâmes, les frères de leur côté et moi, du mien.
Le dimanche, sans nouvelle, je regrettais mon petit jeu de la veille pour que Roland rentrât avec son jumeau. Il me manquait et n’avait pas pris la peine de m’appeler. Quant à moi, je n’avais toujours pas son numéro même si je lui avais donné le mien. J’espérais que Roman n’eut pas vendu la mèche. J’avais peur que ce fût pour cela que Roland ne m’appelait pas. Puis, je me giflai mentalement. Cela ne faisait qu’un jour que nous nous étions séparés. Je ne devais pas sauter aux conclusions. Il devait sûrement passer un moment agréable en famille. Je savais que je le verrais le lendemain. Je n’avais pas besoin de m’inquiéter.
La nuit venue, je rêvai encore de lui et me réveillai en sueur et excité. Je ne réussis pas à me rendormir. Je fixai la place que Roland avait l’habitude d’occupé quand il dormait chez moi, dans la semi-obscurité de la pièce. Le lit me semblait si froid sans lui à mes côtés. Je me collai le visage sur mon second oreiller, à la recherche de son odeur. Mon excitation se fit de plus en plus pressante. Tout en humant son parfum dont le coussin était imprégné, je glissai une main dans mon boxer et attrapai mon sexe. Doucement, je le caressai tentant de me rappeler des lèvres de Roland sur les miennes, de ses tendres caresses. Sa main vint remplacer la mienne alors que je fermais les yeux. Je gémis, tandis que cette main m’amenait lentement aux portes de l’extase. Je ne tardai pas à jouir.
J’attrapai un mouchoir qui s’échappait de la boîte en carton posée sur la table de nuit. Je m’essuyai la main. Puis, je posai le revers de mon autre main sur mon front, l’ongle de mon pousse grattant l’arête de mon nez. Je m’en voulais. Comment pouvais-je rejeter Roland alors que je me branlais en pensant à lui ? De quel droit pouvais-je lui faire une chose pareille ? Appréhensions ou non, il fallait que je satisfisse à ses attentes. Je ne pourrais plus faire attendre mon petit-ami ainsi. Petit-ami ? Avais-je réellement pensé le terme petit-ami ? Voyais-je réellement Roland comme mon petit-ami ?
Seul dans mon lit, je souris.
« Roland est mon petit-ami, » affirmai-je à haute voix.
Mon sourire s’élargit.
« J’ai un petit ami, » criai-je.
« C’est cool pour toi. Mais maintenant, ferme ta gueule, » hurla un voisin à travers le mur.
Je sursautai dans le lit, surpris par cette réponse que je n’attendais pas. Puis, je me mis à rire. J’avais sans doute perdu la tête. Je soupirai de désolation en me tournant une nouvelle fois vers la place vide à côté de moi. Roland me manquait.


Creative Commons License
Basé(e) sur une œuvre à lespetiteshistoiresdeloalann.blogspot.com.

Et vous ?... II (Fiction Yaoi) - Chapitre 08


Roland ne me lâcha pas de toute la soirée. Assis à mes côtés, tantôt il me tenait la main sous la table, tantôt me caresser la cuisse. J’avais l’impression d’être avec lui, comme un garçon et une fille seraient ensembles, et finalement, l’idée ne m’embêtait pas plus que ça. Je me retenais donc de l’embrasser en public et me consacrais à aider Roman à s’intégrer dans notre petit groupe. Comme son frère me l’avait dit, il était timide, peut-être un peu trop d’ailleurs. C’est à peine s’il ouvrit la bouche de la soirée, malgré tous mes efforts pour le faire participer aux conversations.
Au milieu de la soirée, tandis que je murmurai à Roman de se détendre un peu, son frère exerça une forte pression sur mon genou, qui me fit sursauter de douleur. Je lui lançai un regard furieux et il me fit un signe de tête afin l’inviter à le suivre. Nous nous levâmes et sortîmes du bar. Une fois à l’extérieur, il me prit par la main et me tira derrière lui. Il m’amena dans la ruelle peu éclairée où nous nous étions embrassés pour la première fois. Je ne reconnus pas tout de suite les lieux. Il me plaqua contre le mur et se jeta sur moi. Il prit mon visage dans ses mains et m’embrassa violemment. J’ignorai ce qui lui prenait mais l’envie de l’étreindre s’était faite grandissante toute la soirée. Par conséquent, je ne lui refusai pas ce baiser même si je souhaitais de la douceur. J’essayai de le calmer en lui caressant tendrement le dos. Il se rasséréna sous mes doigts. Puis, il s’écarta de moi et fixa son regard dans le mien. Une lueur de tristesse voilait ses magnifiques prunelles. Je l’enlaçai.
« Qu’est-ce qui t’arrive ?
T’en a que pour mon frère, ce soir, » murmura-t-il, sa tête dans mon cou.
Je ne pus retenir un esclaffement. Il s’écarta de moi et me lança un regard colérique. Je tentai de me calmer.
« Sérieux ? T’es jaloux de ton frère ?
Je te rappelle que je voulais passer la soirée juste avec toi. Et toi, tu ne m’as presque pas adressé la parole de la soirée et tu n’arrêtes pas de murmurer des trucs à son oreille, » s’énerva-t-il.
« Ok, » dis-je en le reprenant dans mes bras. « Alors essaye de voir les choses comme moi. On n’est plus tout le deux, maintenant que ton frère s’est réveillé. Donc, s’il se fait des amis, on pourra passer plus de temps tout les deux sans que tu ne te sentes coupable de laisser ton frère tout seul. »
Je mentais. Je n’avais jamais envisagé les choses de cette manière. Je souhaitai juste faire de Roman un ami et qu’il s’entendît bien avec nos camarades de classe. Je voulais l’aider alors que personne n’avait été là pour moi à mon réveille, mes amis m’ayant oublié.
Roland s’écarta de moi et glissa ses mains dans les miennes. Il fit une mimique qui traduisait sa surprise mais qui voulait également être moqueuse.
« Oh ! En fait, tu es machiavélique ! »
Je ris.
« Si tu veux. Puis, je te rappelle que tu voulais qu’on soit pote ton frère et moi.
J’ai jamais dit ça ! » se défendit-il avec une expression enfantine.
« Si tu l’as dit, la nuit que tu as passé chez moi.
Ah, oui ! Je me souviens de cette nuit, » fit-il dans un sourire lubrique.
Il s’approcha de moi et déposa ses lèvres contre les miennes. Je quittai ses mains afin de l’encercler de mes bras. Doucement, je sentis sa langue me chatouiller et je la laisser caresser sa jumelle. Je me laissai submerger par les sensations de ce doux baiser, profitant une nouvelle fois, de la chaleur de son corps contre le mien. Puis, il quitta mes lèvres et glissa dans mon cou afin d’y déposer quelques baisers tendres. Je frémis sous ses caresses.
« Tu peux venir chez moi ce soir ? » demandai-je.
Ce dont j’avais envie, c’était de m’endormir en le tenant dans mes bras. Je ne souhaitais pas aller plus loin. En revanche, je me doutais que Roland avait eu une autre idée en tête en entendant ma question. Je le sentis sourire contre ma peau.
« Ça peut s’arranger. »
Il m’embrassa encore.
~o0oOOo0o~

L’obscurité régnait tout autour de moi. Mes gémissements se répercutaient contre le manteau de velours noir de la nuit. Les battements de mon cœur résonnaient à mes oreilles, emplissaient ma tête. J’étais incapable de réfléchir. Des gouttes de sueurs coulaient le long de ma nuque. Mon corps tout entier tremblait tandis que des mains et des lèvres caressaient mon torse nu. J’étais paralysé. Allongé sur un lit, je ne pouvais me soustraire à ce bourreau qui avait fait de moi sa victime. Lentement, ces mains et ces lèvres descendaient vers mon sexe déjà gonflé. Une langue s’insinua dans la cavité de mon nombril. Je poussai un nouveau râle. Mes yeux étaient à demi-fermés. Cependant, l’obscurité ambiante m’empêcher de voir quoi que ce fût. Je ne pouvais que sentir et subir les attaques que l’on faisait subir à mon corps, dans un état de semi-conscience.
La langue quitta mon nombril et poursuivit sa course, toujours plus bas, toujours plus désireuse. Puis, je sentis un souffle chaud sur mon phallus demandeur de caresses. Je gémis encore. Les mains continuaient à prodiguer mille caresses à ma poitrine, si bien que je vins à me demander si mon bourreau n’était pas, en fait, mes bourreaux. Ma tête me tournait. Je me sentais sur le point de m’évanouir. Des doux baisers se posèrent sur mon membre excité. Un autre râle s’échappa de mes lèvres et résonna tout autour de moi. Je sentis une langue humide lécher mon sexe sur toute sa longueur avant de caresser le bout de mon gland. J’étais déjà au bord de l’explosion. Puis, des lèvres se joignirent à la langue sur cette petite partie de mon anatomie avant de me gober entièrement. Elles glissèrent le long de mon phallus. J’avais l’impression qu’on cherchait à m’aspirait. Mon plaisir était à son comble. Les lèvres remontèrent avec une lenteur désarmante. Puis, une main vint prendre leur place.
J’étais confus. Mon corps ne m’appartenait plus. Même si je ressentais ce que l’on me faisait avec intensité, j’avais l’impression qu’il ne s’agissait pas de mon propre corps. Pourtant, j’avais également le sentiment d’en être prisonnier. Mes yeux se voilaient au fur et à mesure que l’extase me submergeait. La main continuait à monter et descendre lascivement sur mon membre suintant. Les lèvres se posèrent sur mes bourses et les embrassèrent. Puis, elles les gobèrent avec avidité. S’unissant à elles, la langue caressa la peau tendre de mes testicules. Mon bien-être ne cessait de s’échapper par ma bouche en de petits soupirs extatiques. J’explosai enfin de plaisir. Mon souffle se fit court. Une sensation d’oppression pesait sur ma poitrine tandis que la main et les lèvres s’évertuaient à me redonner de la vigueur.
Je fus bientôt aussi excité que je ne le fusse avant d’éjaculer. Puis, les mains cessèrent de me caresser pour s’appuyer sur mon torse, y exerçant la pression d’un poids d’homme. J’ouvrai brusquement les yeux devant cet acte douloureux. Un éclat vert déchira l’obscurité. Je sentis ensuite quelque chose entourait mon phallus et descendre jusqu’à sa naissance. L’étreinte autour de ce dernier était si forte que j’avais l’impression qu’il allait se briser. Mais bien vite, l’étau se relâcha et la chaleur et le bien-être m’envahir. La pression sur ma poitrine se fit plus pesante tandis que l’étreinte autour de mon sexe remontait jusqu’à mon gland. Mes yeux s’embuèrent du plaisir qui m’envahissait.
Bien vite, d’autres râles se mêlèrent aux miens tandis que l’on faisait des va-et-vient sur moi. Je me délectai de ces gémissements si doux à mes oreilles. Je profitai de l’extase qui montait lentement en moi. Mon corps ne pouvait toujours pas bouger. Toutes mes sensations passaient par cette partie bien précise. J’étais en feu. Mes râles se firent de plus en plus présents. La jouissance s’empara de moi et j’explosai. Je sentis un liquide chaud éclabousser mon ventre.
Brusquement je m’assis dans mon lit et ouvrai les yeux de stupeur. La lumière du jour emplissait ma chambre. Je baissai les yeux sur mon bas-ventre pour me rendre compte qu’une main s’était glissée dans mon boxer. Je suivis le poignet puis le bras jusqu’à son propriétaire. Mes yeux rencontrèrent le visage souriant de Roland. Une lueur lubrique illuminait ses prunelles vertes. Je me laissai retomber sur mon oreiller et passai mes mains sur mon visage.
« Je me demande quel genre de rêve tu pouvais bien faire, pour pousser des gémissements aussi tentants, » me dit-il, caressant toujours mon sexe au repos. « Tu as joui deux fois. Est-ce que tu peux aller jusqu’à trois ? »
Je repoussai sa main et me levai.
« Tu vas où ?
Prendre une douche, » répondis-je sur un ton désappointé.
« Pourquoi tu ne reviendrais pas au lit, plutôt ? Je peux te faire plus de bien que ta propre main. »
Je baissai les yeux sur mon boxer pour me rendre compte que mon sexe était encore en érection. J’entrai dans la salle de bain et fermai la porte derrière moi sans dire un mot. Je fis couler l’eau chaude de la douche avant d’ôter mon unique vêtement et de m’engouffrer dessous. Je restai un moment à profiter du jet puissant frappant ma peau. D’une main, je m’emparai de mon sexe et tachai de me débarrasser de sa raideur. J’éjaculai sur le carrelage blanc. Je frappai du poing le mur de la cabine en poussant un juron.
Pourquoi avait-il fallu que je fisse ce rêve alors que Roland était là ? Je n’étais pas prêt à lui abandonner mon corps. J’avais trouvé un semblant de stabilité dans cette relation. Je m’étais habitué à nos baisers et nos tendres caresses. Pourtant, lui faire l’amour m’était encore inconcevable. J’avais envie de lui mais nos chastes cajoleries me suffisaient et me comblaient. Des larmes de frustration embuèrent mes yeux.
La veille, après notre discussion dans la ruelle, nous avions rejoint les autres. Puis, nous étions rentrés chez moi. Par chance, Roland était aussi fatigué que moi et nous nous étions endormis dans les bras l’un de l’autre après un simple baiser de bonne nuit. Je m’étais assoupi le sourire aux lèvres. Je n’attendais pas plus de notre relation. Mais ce rêve avait tout gâché et Roland allait me demander plus. Je n’étais pas prêt à le lui donner.
Je me lavai et sortis de la douche. Je m’habillai avant d’aller à la cuisine sans jeter un regard à mon ami, toujours dans le lit. Je m’attelai à préparer le petit déjeuner.
« T’as fini ? » fit Roland derrière moi alors que je l’entendais se lever. « Elle a été longue cette douche. »
Il s’approcha de moi et m’enlaça par derrière. Il embrassa ma nuque. Je me retins de le repousser. Je n’avais pas envie de ses caresses à cet instant mais ne voulais pas non plus le vexer ou provoquer une nouvelle dispute. Toutefois, je fis un mouvement sur le côté pour prendre quelque chose dans le frigo, et il me lâcha.
« Ok. Tu fais la gueule ou quoi ? »
Je ne répondis pas à sa question et il me tira par l’épaule afin de m’obliger à lui faire face. Je baissai les yeux. Il posa ses mains sur mon ventre et les glissa sous mon tee-shirt. Je le pris par les poignets l’intimant du regard de cesser. Il me lança un regard triste qui me fendit le cœur. Je baissai les yeux une nouvelle fois. Il fit rouler ses poignets sur eux-mêmes et prit les miens avec force. Je fus étonné par sa puissance. Je le vis sous un autre angle. Il n’était pas la petite chose fragile que je croyais qu’il était. Je le regardai avec étonnement. Une lueur de colère illuminait ses prunelles.
« Je m’en fous de ce que tu peux dire aux autres, ok ? Mais j’en ai marre de tes putains d’hésitations. Alors je veux que tu reconnaisses, maintenant et devant moi que tu es gay. Je veux que tu me le dises. Tu pourras continuer à jouer les hétéros quand il y a du monde, si tu veux. Mais je veux que tu me dises que tu es gay. Sinon, je me casse et tu ne me reverras plus jamais, ok ? »
Il avait parlé d’une voix forte et colérique. Je sentais qu’il ne plaisantait pas en me posant cet ultimatum. Je n’étais pas prêt à faire une telle révélation, même devant lui, cependant j’étais encore moins préparer à le perdre. Je cédai.
« Je suis peut-être gay, » murmurai-je en baissant les yeux.
« Peut-être ?
Ok, je suis gay, d’accord ? » criai-je presque en levant la tête. « Je suis gay. Ça te va comme ça ? »
Roland lâcha mes poignets et m’enlaça. Il déposa un rapide baiser sur mes lèvres.
« Ça me va, » me répondit-il en souriant.
Il m’embrassa encore avec plus de passion. Je me laissai emporter. Je frissonnai d’appréhension lorsqu’il passa ses mains sous mes vêtements afin de caresser mon ventre. Pourtant, je ne l’arrêtai pas. Plus que tout, j’avais peur de le perdre. Je savais que je ne pourrais pas le supporter.
« Eh ! Dude ! Ton téléphone sonne !... » résonna dans la pièce.
Je sautai sur l’occasion et reculai la tête.
« Ton téléphone ?
Laisse sonner, » répondit-il en s’approchant à nouveau pour m’embrasser.
« C’est peut-être ton frère, » dis-je plein d’espoir.
« Et alors ? » demanda-t-il en me défiant du regard.
Je hochai les épaules et m’avançai pour reprendre ses lèvres, faisant mine que cela m’étais égal. Il posa une main sur mon torse, me coupant dans mon élan et me lançant un regard étrange. Il se dirigea vers son téléphone et décrocha. Je poussai un soupire de soulagement.
« Allô !
Putain, tu fais chier. Qu’est-ce que tu veux ?
Ok, ok. Ça va. J’arrive. »
Puis, il raccrocha. Il commença à enfiler son jeans.
« C’était mon frère, » me dit-il. « Il avait pas l’air bien. Je dois le retrouver dans le parc près de chez nous. Tu veux venir ? »
J’acquiesçai et je mis des chaussures tandis que Roland finissait de s’habiller. Nous quittâmes mon appartement et Roland glissa sa main dans la mienne en m’envoyant un sourire heureux. Je lui souris à mon tour tandis qu’on descendait dans la rue.


Creative Commons License
Basé(e) sur une œuvre à lespetiteshistoiresdeloalann.blogspot.com.