Mot de l’auteur : Voilà enfin le dernier chapitre de cette histoire très mélancolique. Je m’excuse de vous avoir fait autant attendre. J’espère que vous ne serez pas déçus et j’attends vos commentaires avec impatience.
« Je vais aller prendre une douche moi aussi, » dit-il en se relevant.
Ces paroles me ramènent au présent. Je le regarde s’éloigner et disparaître dans la salle de bain. Un frisson me parcourt alors le corps. Le froid s’empare de moi. Un vide immense m’envahit. Je le sais qu’à quelques mètres, pourtant, lorsqu’il s’est levé, c’était comme si on m’arracher un morceau de mon être. J’ai tellement envie de croire en lui, en ces mots qu’il ne cesse de me répéter. J’ai envie qu’il me prenne dans ses bras, me protège de mes erreurs passées, me console de ce chagrin immense qui m’emprisonne. Pourtant, je sais pertinemment que s’il venait à m’enlacer, j’aurai l’impression d’étouffer, de suffoquer. Quels sont donc ses sentiments versatiles qui m’accaparent ce soir ? Il me touche, et j’ai envie qu’il s’en aille, il s’éloigne, et le besoin qu’il m’étreigne se fait sentir. Je ne me supporte plus. Comment le fait-il, lui ? M’aime-t-il vraiment comme il le prétend ? Serais-je un jour capable de lui rendre cet égard ?
Le temps s’écoule, et le froid est toujours là, s’insinuant en moi comme un mal qui me ronge, jusqu’à ce que cela en devienne douloureux. Je ne tolère plus cette froideur qui m’absorbe. Je me lève et vais le rejoindre. Il ne m’entend pas entrer dans la salle d’eau. Je me débarrasse de la serviette qui m’habille, la laissant tomber sur le sol. Je me glisse sous la douche et l’enlace par derrière comme il l’avait fait avec moi un moment plus tôt. Il ne sursaute pas, mais je peux deviner qu’il sourit. Son corps est encore recouvert de savon, rendant sa peau douce et glissante. Je caresse son torse puissant et embrasse sa nuque.
« Maintenant, c’est toi qui vient m’empêcher de prendre ma douche tranquille, » dit-il, taquin.
« Enlace-moi ! Fais-moi oublier ! Aime-moi ! » le supplie-je mentalement. Mais les mots refusent de quitter ma bouche. Tout ce que je peux dire c’est : « J’ai envie de toi, » faisant fi de sa remarque.
Il se tourne vers moi. Il prend mon visage en coupe entre ses mains et plante son regard dans le mien. Je ne quitte pas ses prunelles des miennes. Je n’arrive toujours pas à atteindre ses pensées. Je n’ai jamais su. Il sourit et vient m’embrasser gentiment. Il a toujours cette tendresse pour moi, comme la première fois, une tendresse que personne avant lui n’avait eu pour une personne telle que moi, cette tendresse qui me fait penser que peut-être, l’amour existe encore, même pour quelqu’un comme moi.
Il quitte mes lèvres, et nous nous observons encore. Je crois pouvoir deviner comme une hésitation émanant de son regard. Il veut me dire quelque chose, ou peut-être commence-t-il à avoir des doutes sur nous. Cette idée me transperce les entrailles telles une lame froide. S’il venait à me quitter, je crois que je ne pourrai le supporter. Il est la dernière chose qui me permet encore de me raccrocher à la vie. Je ne suis pas suicidaire et, pourtant, j’ai le sentiment que mon âme quitterait instantanément mon corps s’il n’était plus auprès de moi.
La peur m’envahit. Les larmes viennent envahir mes paupières. J’appui ma tête contre son torse puissant. Je l’enlace de mes bras frêles. Non, je ne supporterai pas qu’il me quitte. J’ai eu beau me protéger, tenter de ne pas m’attacher à lui, je n’ai pas réussi. Il est devenu ma lumière, mon salut. J’ai besoin de lui. Je ne peux plus vivre sans lui à présent.
« Fais-moi l’amour, » dis-je pour ne pas dire ces autres mots que je n’ai jamais su prononcer.
Il ne sourit pas. Je ne vois pas son visage, mais je sais qu’il ne sourit pas. Il se passe quelque chose. J’ignore de quoi il s’agit, mais la peur est de plus en plus violente.
« Je t’en pris ne me quitte pas, » ai-je envie de le supplier encore.
Nous restons ainsi enlacés un moment. Le silence nous entourant n’est percé que par le bruit de l’eau tombant sur nos corps nus. Pourquoi ne bouge-t-il pas ? Pourquoi ne me transmet-il pas sa chaleur ? Puis, il brise enfin ce silence qui me paraît une éternité.
« Non, toi, fais-moi l’amour. »
Mes yeux s’écarquillent de surprise. Ai-je bien entendu ? Je m’écarte de lui et plante mon regard dans le sien. Je crois que c’est la première fois que j’arrive à le lire. Il se mord la lèvre inférieure et me regarde de toute sa dignité d’homme. Il est plus grand que moi, plus fort. Et je peux lire dans ses yeux suppliants : « Enlace-moi ! Fais-moi oublier ! Aime-moi ! » Je panique. En suis-je capable ?
« Tu-tu es sérieux ? » bégaie-je.
Il hoche la tête pour me répondre.
« Mais, c’est… c’est toujours toi qui… »
Je suis incapable de finir ma phrase. Aucun homme ne m’avait laissé le prendre auparavant. Et j’ai l’intime conviction, qu’aucun homme ne l’avait pris non plus. Il venait de nous proposer une première fois. Je n’aurais jamais cru avoir encore une première fois, une première fois à donner à quelqu’un. Ce serait notre première fois. Cette idée me réchauffe le cœur.
Mais, elle me terrifie également. Pourrai-je en assumer le rôle ? Suis-je la bonne personne pour une première expérience ? Pourtant, je ne peux pas le lui refuser. Nous nous observons encore un instant, silencieux. Je crois qu’il essaye d’évaluer ma détermination, et peut-être essaye-je de faire de même. Mais nos regards se changent vite en passion et tendresse. Je l’embrasse. Je tente de lui transmettre toute la douceur dont il a pu faire preuve à mon égard. J’ai envie de lui. Peu importe que je le prenne ou que ce soit lui, j’ai envie de lui, de sentir sa chaleur contre mon corps.
Alors, lentement, je l’oblige à se retourner en faisant pivoter ses hanches. Je l’embrasse dans le cou puis laisse glisser mes lèvres sur son omoplate. Ma bouche et ma langue le caresse, descendant dans le creux de ses reins. Je m’accroupis derrière lui. J’embrasse ses fesses musclées. Elles me paraissent si savoureuses que j’ai envie de les mordre. Je ne le fais pas. Je veux qu’il ressente cette tendresse dont il a si souvent fait preuve, cette tendresse qui ressemble tellement à de l’amour.
J’insinue donc ma langue entre la raie de son postérieur, cherchant son intimité. Je la trouve. Je la caresse de l’index. Lui, il ne dit rien, ne pousse pas même un gémissement. Cependant, j’entends sa respiration se faire difficile. Je n’ai aucun mal à imaginer que son cœur bat la chamade alors que je cajole à présent son anus de ma langue. Je l’humecte. Puis, je le pénètre enfin de ma langue et il pousse un premier gémissement. J’ignore s’il s’agit de plaisir ou de géhenne. Je m’inquiète.
« Ça va ? »
Je le regarde. Il a le visage et le haut de son corps collés contre la paroi de la douche. Il se mort encore la lèvre inférieure et me répond d’un signe de tête par l’affirmative. Mais c’est le mouvement de son corps qui me donne une meilleure réponse. Il se cambre un peu plus comme pour me dire « vas-y, continue et surtout ne t’arrête pas ». Je semble lui donner plus de plaisir par cette simple caresse que je n’en ai jamais eu tandis qu’on me l’a prodigué.
Je continue alors de caresser son intimité de ma langue. L’eau glisse sur sa peau, jusqu’à ma bouche, si bien que l’endroit que je caresse se fait de plus en plus humide. Je ne sais pas s’il s’agit de l’eau, de ma salive ou de sa propre transpiration qui s’écoule sur cette partie si précieuse de son anatomie. Mais peu importe. Je le pénètre encore et un nouveau gémissement vient percuter les parois de la douche. Je continue. Rien n’est plus jouissif pour moi que ses bruits qui s’échappent de ses lèvres et qu’il tente désespérément de contenir. Je suis tellement excité que j’aurai envie de le prendre sans attendre. Cependant, je sais qu’il n’est pas prêt et que ses râles se termineraient vite en cris de douleur si je le faisais. Je m’abstiens donc et poursuis mes caresses lascives.
J’attrape une bouteille de gel lubrifiant restée dans la douche. Il aime me prendre en ce lieu humide. Je ne devrais plus avoir besoin de ce genre de produit, mais il continue d’en acheter parce qu’il fait toujours attention à ce que jamais, je ne ressente de douleur lorsqu’il me fait l’amour. Cette fois-ci, c’est mon tour. Je sais que de toute façon il aura mal, mais je ne peux que le préparer au mieux à ma venue. Je fais donc couler le gel entre ses fesses. Il frissonne au contact du liquide froid. Je ne peux m’empêcher de sourire. Je caresse son anus de mon doigt.
Sans cesser ma cajolerie, je me relève lentement en embrassant la chute de ses reins, puis son dos jusqu’à son cou. Il tourne la tête vers moi et m’attends. Je l’embrasse. Il passe une main derrière ma tête, cherchant à approfondir notre baiser. Il gémit entre mes lèvres lorsque je le pénètre de mon doigt. Je le sens se resserrer autour de moi. Il est étroit, bien plus que ce que j’aurai pu penser. Je quitte ses lèvres et embrasse sa mâchoire et son cou de petits et doux baisers tandis que je fais des va-et-vient en lui. Je joue sur les parois de son rectum, tentant de l’élargir au mieux. J’envie de chatouille sa prostate est plus forte que moi. Je m’exécute et il pousse un râle de surprise et de plaisir. Je peux deviner que cette simple caresse achève de le mettre en érection.
Poursuivant sa préparation, je me saisis de son pénis et commence à le branler doucement. Sa respiration se fait de plus en plus haletante. Il se décontracte peu à peu et je tente d’insérer un autre doigt glissant en lui. Il pousse un nouveau râle qu’il tente de dissimuler en se mordant la lèvre. La tension autour de mes doigts est plus forte. Je m’inquiète.
« Ça va ? »
Il me répond d’un hochement de tête mais je devine qu’il souffre. J’embrasse sa nuque pour le rassurer et le clamer. J’ai l’intime conviction que peu importe la douleur, il la supportera et ira jusqu’au bout. En revanche, je suis de moins en moins sûr de moi. Je ne veux pas lui infliger de peine, je ne veux pas qu’il souffre. Pourtant, je ne peux pas le décevoir. Alors, je continue à le préparer à ma venue du mieux que je peux.
Je peux sentir qu’il commence déjà à accepter ma présence. Je poursuis toutefois en espérant que cette longue préparation lui évitera une trop grande douleur. Mais, il ne semble pas être de mon avis. Il s’impatiente et se saisit de mon membre. Il me caresse et comme toujours, mon corps lui obéit. Cependant, je n’ai pas l’impression d’être l’esclave de mon corps à cet instant. Peut-être est-ce parce que je suis trop concentré sur les besoins du sien.
« Prends-moi ! » me supplie-t-il.
Je ne peux qu’accéder à sa requête. Je retire mes doigts et attrape un préservatif. Je le déroule sur ma verge en érection. Je me saisis de la bouteille de lubrifiant et applique une bonne quantité de gel sur mon membre et sur son anus. J’approche mon gland de son intimité. Je frémis, et lui aussi. Je ne sais pas si c’est d’impatience ou d’appréhension, que ce soit pour lui ou pour moi. Je le caresse de mon phallus, et le pénètre en douceur. Il pousse un cri de douleur. Ses muscles se resserrent autour de moi, tentant de m’expulser. J’ai envie de le laisser faire alors que les larmes me montent aux yeux de lui infliger une telle douleur. Il doit deviner mes pensées.
« Continue, » m’enjoigne-t-il.
Je n’ose pas protester. J’attends encore afin qu’il s’habitue à ma présence. Puis, avec une extrême lenteur, je m’enfonce en lui entièrement. Il cri encore et se mord le bras posé sous sa tête pour faire taire sa douleur. Je l’embrasse avec douceur et tendresse.
« Respire ! Respire lentement, » murmure-je à son oreille.
Il m’écoute. Nous restons un moment ainsi, moi n’initiant aucun mouvement, et lui se resserrant autour de moi à m’en faire mal. Mais je tais ma propre géhenne. Tout ce qui m’importe, c’est lui. Je l’embrasse dans le cou, sur la mâchoire et la nuque, les épaules. Je peux voir des larmes se dessiner au coin de ses yeux. Mon cœur se déchire à cette vue. Malgré tout ce que j’ai pu traverser, je ne supporte pas de le voir ainsi, pas lui. Je laisse mes mains se perdre avec tendresse sur sa peau encore savonneuse. Peu à peu, je le sens relâcher la pression, mais je n’ose toujours pas esquisser un mouvement. Je n’en ai pas le courage. J’attends son signal, et il ne tarde pas à me le donner.
« Vas-y ! Bouge, » dit-il de sa voix roque.
« Tu es sûr ?
- Oui, vas-y. »
Avec une lenteur sans nom, je commence à me retirer, puis, entre à nouveau. Je sais qu’il souffre encore. Mais il tourne la tête vers moi et attend que je l’embrasse à nouveau. Je réponds à sa requête silencieuse d’un doux baiser. Lascivement, j’initie de calme va-et-vient en lui tout en l’embrassant. La pression autour de mon phallus s’amoindrit encore. J’en profite pour reprendre son pénis dans une main et le branler à nouveau. Il gémit contre mes lèvres, et je ne peux m’empêcher de sourire, heureux de constater qu’il éprouve un peu de plaisir. Je n’accélère pas pour autant.
Pourtant, il commence déjà à me donner des coups de hanches pour m’initier à un mouvement plus rapide. Ce qu’il veut, il l’a. Aujourd’hui, je vais lui donner tout ce qu’il désire. Je le pénètre donc avec plus de ferveur, et il ne peut s’empêcher de gémir à chacun de mes coups de butoir. Je sens son suc commencer à dégouliner sur mes doigts le caressant. Ses râles se font de plus en plus forts et je gémis moi aussi, sentant ma délivrance proche. Je l’embrasse encore. Je ne pourrais bientôt plus tenir. Mais, je ne veux pas oublier son plaisir au bénéfice du mien. J’accélère mes mouvements autour de sa verge suintante. Toute appréhension nous a quittés depuis un petit moment déjà. Il ne reste que la passion et la tendresse que nous avons l’un pour l’autre.
Cependant, malgré mon désir de le combler avant moi, je sens que je ne peux en supporter d’avantage. Je l’embrasse avec plus d’ardeur, et il me répond avec tout autant de puissance. Il pousse un dernier râle contre ma bouche alors qu’il jouie dans ma main. Je sens son emprise se resserrer autour de moi et explose à mon tour. J’ai l’impression que tout mon être s’éparpille joyeusement alors que je jouis. Des mots venus de nulle part s’échappent de mes lèvres en cet instant d’extase intense.
« Je t’aime, » murmure-je.
Je m’affale contre son épaule. J’essaye de reprendre mon souffle, et je ne réalise pas encore ce que je viens de faire. Lui, en revanche, a bien entendu mes paroles. Il s’est figé. Inconscient, je relève la tête et cherche ses lèvres. Je les trouve, les embrasse avec toute cette joie et ce nouveau sentiment qui m’accapare. Il ne répond pas à mon baiser. Je m’inquiète.
« Ça va pas ? » demande-je.
« Tu as dit quoi ?
- Je t’ai demandé si ça allait.
- Non, avant ça. Quand tu as joui. »
J’essaye de comprendre de quoi il parle, mais je ne m’en souviens déjà plus. Qu’ai-je fait ? Qu’ai-je dit ? Aurai-je eu un mot malencontreux ?
« Qu’est-ce… Qu’est-ce que j’ai dit ? » bégaye-je, inquiet.
« Tu m’as dit que tu m’aimais. J’ai pas rêvé ? »
Lui aussi paraît inquiet. Oui, je l’ai dit. Maintenant, je m’en souviens. Je l’ai dit et je ne le regrette pas. Je fixe mon regard dans le sien. Dans ses yeux, semble se mêler appréhension et joie. J’ai l’impression qu’il ne sait quel sentiment choisir. Je souris de cette réaction pourtant adéquate compte tenu de notre relation. Je l’embrasse tendrement. Il reste toujours impassible, sous le choc de mes paroles.
« Je l’ai dit, » murmure-je. « Et je te le répète : Je t’aime.
- Vraiment ?
- Tu crois que je te mentirai ?
- Non, mais… je croyais que tu ne le dirais jamais. »
Je quitte son intimité et l’oblige à se tourner vers moi. Je l’enlace avec cette nouvelle force qui m’envahit à présent. Cette force, c’est à lui que je la dois. Il a su me donner plus que quiconque aurait pu le faire. Il m’a appris la véritable signification de ces mots qui me faisaient tant souffrir, leur importance pour qu’enfin, je puisse les prononcer à mon tour. Et ces mots ne me font plus peur alors qu’il me les murmure encore une fois.
« Je t’aime babe. »
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