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vendredi 6 août 2010

Enfin un roman qui vaut le coup...

Passant du roman yaoi au roman gay, je cherchais une œuvre à la hauteur de mes attentes, un roman qui serait lié une écriture un peu recherchée sans pour autant être prétentieuse et une histoire qui se rapprocherait au mieux de ce que peut vivre un homosexuel de nos jours. Bien sûr, il fallait également que cela se termine bien pour assouvir mes aspirations d’éternelle romantique.
Ce fut avec une grande déception que j’ai lu le roman yaoi de Charlie Audern, Our unknown feelings, publié par les éditions Muffins, seule maison d’édition qui publie des romans yaoi en France. Petite maison, elle n’a que très peu d’ouvrages à son catalogue et Our unknown feelings était le seul qui plaçait son histoire dans un monde contemporain. De plus, le résumé était alléchant. Mais je découvris une écriture peu recherchée, voire pas du tout, des incohérences d’expression et une histoire qui s’éloignait du vraisemblable tout en s’appuyant sur une romance mièvre et sans saveur. Quant à la fin, bien qu’heureuse, je n’ai pu être que déçue par la manière dont elle fut racontée, l’évolution des personnages se relatant à travers un dialogue stérile et invraisemblable.
Aussi, en passant au roman gay, j’espérai trouver un peu plus de réalisme. Mais je fus tout aussi déçu en lisant Pour la vie… et plus si c’est possible d’Alain Meyer et Une histoire… simple, en fait ! de Roger Vhere, tout deux publiés aux éditions Textes Gais. J’y retrouvé la même mièvrerie déjà présente dans le roman yaoi précédemment cité et une écriture aussi peu agréable. L’évidence que les textes yaoi et les textes gays n’étaient pas vraiment différents, surtout de part leur contenu, m’a frappé et étonné. Des histoires sans réel fondement, où les personnages sont la réincarnation de dieux grecs aux glandes lacrymales trop fonctionnels. À mon sens, si un homme pleure, il le fait rarement en présence d’autrui. Par exemple, je n’ai jamais vu mon frère pleurer ou aucun autre homme d’ailleurs sauf exceptionnellement lors d’un évènement particulièrement douloureux comme la perte d’un parent.
Mais la lectrice que je suis ne pouvait s’avouer vaincue. Et à ma grande surprise, j’ai pu enfin trouver cette perle rare. La Tentation de Benjamin Schneld publié aux éditions Textes Gais a su se montrer à la hauteur de toutes mes attentes. Même s’il peut sembler s’approcher dangereusement d’un livre pornographique surtout lorsque il nous décrit un magnifique threesome, l’écriture est mature et l’histoire est loin d’être mièvre. On y découvre les angoisses et la solitude d’un jeune homme homosexuel, qui par la force des choses doit renouer avec ses angoisses d’adolescent pour vivre de nouvelles expériences.
C’est sans aucune difficulté que l’on se lie au personnage, que l’on comprend ses sentiments et ses assentiments, ses craintes et ses joies. Bien sûr, on y retrouve également la réincarnation de dieux grecs mais le personnage qui parait tout aussi beau que ceux qui l’entourent ne se reconnaît aucun charme et cela se rapproche beaucoup d’un comportement humain. Puis, un peu de fantasme n’est pas désagréable non plus. Aisément, on arrive à croire aux fondements de cette histoire, à une part de réalité dont l’auteur aurait pu s’inspiré, comme il l’est mentionné en quatrième de couverture.
Loin de connaître le coup de foudre, les personnages sont partisan du « on baise et les sentiments, on verra plus tard », ce qui nous plonge dans un tourbillon de sensations et nous tombons amoureux en même temps que le personnage principal, nous partageons sa crainte d’être rejeté, et la force de ses sentiments.
Autrement dit, je recommande chaudement ce roman, qui saura vous plaire tout autant que moi, j’en suis sûre.
Ne sachant où le trouver en librairie, vous pouvez le trouver ici.

lundi 5 juillet 2010

Ce manga qui m’a totalement captivé


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Pour ceux qui me lisent, vous l’aurez deviné, en plus d’être une grande fan de yaoi, j’aime quand c’est chaud, voire bouillant. Alors on peut dire que je ne suis pas vraiment amatrice de yaoi « soft ». Oui, je ne m’en cache pas, quitte à passer pour une grosse perverse, j’aime quand il y a du sexe.
Pourtant, on reconnaîtra parmi le yaoi « soft », quelques petites perles rares dont Totally Captivated de Yoo Hajin fait parti (d’où le titre, pour ceux qui n’avait pas saisi – je sais, je suis pleine de ressource). Ce petit bijou m’est cher pour plusieurs raisons (enfin, trois quoi !) : le dessin, l’histoire et l’humour.

Le dessin

Concernant le dessin, je n’ai pas fait d’école d’Art, ni sur l’Art et je n’irai pas me qualifier d’artiste non plus. Donc, je pourrais seulement vous dire pourquoi je l’apprécie sans divaguer dans un discours abstrait sur les influences de l’auteur.



Totally Captivated, volume 2
Personnellement, j’apprécie particulièrement le style coréen avec leurs traits fins et leurs personnages longilignes : des yeux fins, des corps musclés et ciselés à souhait et une représentation parfaite de ce que peut être la beauté obscure. Même les chibis (petits personnages à valeur humoristique représentant les personnages principaux) sont trop mignons. Et, il faut bien l’avouer, les mecs sont à tomber par terre. C’est simple, je pourrais presque en tomber amoureuse (mais voilà, ils sont gays,… puis ce sont des dessins aussi, dommage !).

L’histoire

Ensuite, il y a l’histoire. Et là, vous allez me dire « Encore une histoire de gangster qui en a après le cul d’un étudiant fauché ». Et vous n’aurez pas tord, parce que si on résume vite fait, c’est ça. Mais contrairement à beaucoup de mangas prenant le même sujet que j’ai pu lire, l’histoire est merveilleusement racontée, si bien que quand on commence, on ne peut plus s’arrêter. Alors pour raconter un peu mieux c’est l’histoire d’Ewon, étudiant fauché, qui se fait plaquer par son petit-ami Jiho parce qu’il n’arrête pas d’aller voir ailleurs. Alors, pour se venger, Jiho sort avec Mookyul, usurier (ou mannequin, on ne sait pas trop) afin que ce dernier l’oblige à travailler pour la mafia coréenne. Et bien sûr, Ewon est ébloui par la beauté obscure de cet homme dès qu’il l’aperçoit. Je ne vous en dirai pas plus, mais là, vous avez un bon début. L’histoire est un savant mélange entre désir inassouvi, amour, trahison (aussi bien en amour que dans le clan), jalousie et violence.
Euh, j’ai déjà dit qu’il y avait plein de super beaux mecs ?
Totally Captivated, volume 4

L’humour

Enfin, ce que je me permets de reprocher aux mangas, c’est l’humour. Les plaisanteries japonaises ne me font pas rire et, c’est à peine si elles me font sourire. Or, avec Totally Captivated, je crois que je n’ai jamais autant rigolé. Les petites blagues sont bien placées et sont – pour une fois – vraiment drôles. Pour vous faire partager cela, voici une de ces répliques pleines d’humour.
Pour information, il faut savoir que Mookyul a la fâcheuse habitude de mordre lorsqu’il a bu ou lorsqu’il désire quelqu’un.
Pour les non-anglophones, il est écrit : "Maintenant, j'ai vraiment peur... Qu'un jour j'ouvre les yeux et que je réalise que je suis à l'intérieur de ton estomac." (Totally Captivated, volume 5)
Bon vous l’aurez compris, c’est un manhwa que je conseille vivement et que vous devriez vous procurer au plus vite.
Ben, quoi ? Vous êtes encore là ? Tous chez vos libraires !!!

Ajout du 07 Juillet 2010
Merci à l'une de mes lectrices qui a trouvé un DJ, pour les frustré(e)s comme moi qui voulaient voir un peu plus de sexe entre les deux personnages principaux. Je ne sais pas s'il s'agit du même auteur, mais les dessins sont ressemblants. Malheureusement, la traduction est en anglais et c'est ici.
Et on dit merci à Ayase.

lundi 28 juin 2010

Kawai ou kawaii ?

 
     Je sais, je sais. C’est un très mauvais jeu de mot mais je trouve qu’il se prête bien à Kawai Tôkô. Si vous ne connaissez pas cet auteur de manga, il serait peut-être temps de la découvrir. Je ne vous parlerai pas de sa vie privée ou de sa carrière au Japon, je ne les connais pas. Mais ce sont les éditions Taifu qui nous l’ont présenté en France en 2009 avec le titre Caffe Latte Rhapsody, et depuis on compte déjà quatre ouvrages de cet auteur dans leur catalogue.
 
     Alors maintenant, pourquoi ce mauvais jeu de mot. Et bien, tout simplement parce que on ne peut finir l’un de ces mangas sans se dire « Que c’est mignon ! ». En effet, les histoires n’ont rien de bien exceptionnel, mais elles ont toutes un côté rafraîchissant qui vous donne du baume au cœur. Excepté peut-être Cut, dont le sujet est l’automutilation et la maltraitance. Mais cet ouvrage ne fait pourtant pas exception à la règle et la fin est tout aussi kawaii que les autres. Pour vous en faire un résumé, je dirai qu’il s’agit de deux adolescents que la vie n’a pas gâtés et qui trouvent un exutoire à leurs malheurs dans le corps de l’autre. Je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir, alors, je ne vous en dirai pas plus.
 
     Excepté Cut, on parlera de Caffe Latte Rhapsody, le plus kawaii des quatre ouvrages déjà paru. Sans doute parce que nous n'avons aucun mal à nous identifier à ses personnages qui manquent d'assurance. C'est là le point central de cette histoire: deux jeunes hommes qui manquent de confiance en eux et qui n'osent pas demander à l'autre ce que, eux-mêmes, donnent sans condition. C'est une histoire très mignonne qui mérite toute notre attention. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai pu lire et le relire ce manga. Il réchauffe le cœur quand on en a besoin.
 
     On pourrait en dire de même de Bondz, dernier paru en France et que Rêve Fruité nous a fait découvrir avant parution. Si cet ouvrage est un recueil de oneshot, je n'en retiens qu'un seul, le premier. Deux amis qui commencent à prendre plaisir dans celui de l'autre. Mais si leurs ébats sont occasionnels au début, les choses se compliquent dès que l'on parle d'exclusivité.
 
     Puis, je ne pourrais pas terminer ce petit aperçu des travaux de Madame Tôkô Kawai sans mentionner Juste au coin de la rue. L'histoire manque cruellement d'originalité mais reste elle aussi, autant kawaii que les autres. Je rajouterai pour sa défense qu'elle semble plus réaliste que la plupart des histoires d'amour entre un professeur et son élève. Je ne vous en dirai pas d'avantage.
 
     Bon, là, ce sera à vous de vous faire une opinion, si ce n'est pas déjà fait. En tout cas, les œuvres de cet auteur sont à conseiller et à lire. Un vrai régal pour la romantique que je suis...
 
Source image: www.taifu-comics.com

jeudi 3 décembre 2009

Définir le yaoi


Essayer de définir le yaoi, c’est comme s’empêtrer dans une mélasse de termes japonais et anglais. Pourtant, tous les fans vous le diront, l’idée est simple : il s’agit d’histoires romantiques entre hommes. On pourrait ajouter que le yaoi est écrit par des femmes pour des femmes, mais, bien qu’il soit vrai que son lectorat reste majoritairement féminin, les hommes commencent à en écrire et à en lire. On peut prendre un exemple récent, celui du mangaka français Dimitri Lam dont le manga Josh est publié sur le site Internet du magazine Têtu.
Mais alors, si l’idée est simple, « Où est donc le problème ? » me demanderiez-vous. Et bien, pour les non-initiés, et les autres, avez-vous déjà entendu parler de boy’s love, slash, june, tanbi, shônen-aïbarazoku, shôta ? Parce que le yaoi, c’est tout cela ou presque. Seulement, si vous n’avez jamais entendu parler de certains d’entre eux, c’est parce qu’ils sont tombés en désuétude avant que le phénomène yaoi n’atteigne nos frontières. En effet, les termes « june » et « tanbi » n’ont jamais été utilisés en France, et ne le seront sans doute jamais, car ils sont apparus au Japon aux débuts du yaoi et ne sont plus employés aujourd’hui. Quant aux autres, il faut savoir que si en France, le terme le plus utilisé est yaoi, il ne l’est plus au Japon (car associé aux dôjinshi) qui préfère le terme boy’s love, qui lui, est dénigré aux États-Unis à cause de la connotation pédophile (boy signifiant garçon), préférant l’emploi du terme yaoi. J’espère que vous me suivez…
En d’autres termes, en France et aux États-Unis, on parle de yaoi et au Japon, c’est le boy’s love qui est de rigueur. Toutefois, ce dernier terme, souvent remplacé par son anagramme « BL », commence à s’immiscer peu à peu en France dans les discussions autour de ce sujet. Mais il faut également savoir que les Américains nous ont légué un autre terme, le slash. Il s’agit, en fait de fanfiction amateur prenant appui sur le concept du yaoi. Aussi, ce qu’on appelle communément « fanfiction yaoi » est également appelé « slash » ou « fiction slash ». Vous êtes toujours avec moi ? Je continue…
Le shônen-aï est un genre de manga apparenté au yaoi. En fait, avant qu’il n’y ait yaoi, il y a d’abord eu shônen-aï. Ce genre met en scène des idylles amoureuses, ou plutôt des amitiés ambiguës entre de jeunes garçons. Aussi, vous ne trouverez jamais aucune scène explicite dans le shônen-aï, c’est tout juste si vous y verrez les personnages s’embrasser. Pour vous donnez un exemple, je vous citerai Princess Princess de KAMIJO Atsushi (dessinateur) et TSUDA Mikiyo (scénariste). Mais, le shônen-aï est à différencié du shôta qui lui, appartient au genre du yaoi.
Le shôta n’est pas publié en France, sans doute à cause de son sujet controversé. En effet, le shôta met en scène des histoires homosexuelles à caractère pédophile. J’ai pu lire que  l’on associe le manga No money de KOUSAKA Tohru – du fait de l’aspect très juvénile de l’un des deux personnages principaux – à du shôta. Or, il ne faut pas se tromper. Le personnage en question est en fait un étudiant alors que dans le véritable shôta les personnages sont des enfants ou des préadolescents.
Enfin, il ne faut pas oublier le barazoku qui se différencie du yaoi du fait de ses auteurs, son public et son dessin. Le barazoku est en fait un manga créé par des hommes à destination d’un public gay – masculin, bien sûr. Il s’agit donc, là aussi, de romances entre hommes. J’ai pu lire quelques uns d’entre eux, et, si le dessin diverge beaucoup de celui du yaoi, les histoires, en revanche, restent dans la même lignée. Fan de yaoi, je vous conseillerai d’en lire au moins un, question de vous faire votre propre opinion sur la question, et selon votre degré de perversité, vous aimerez ou non.
Enfin, pour ce qui se poserait la question : « Mais existe-t-il un genre sur des relations lesbiennes ? » (On me l’a souvent demandé). Je répondrai « oui ». Cela s’appelle le yuri, et c’est beaucoup moins répandu que ne l’est le yaoi. Quant à son public, il semblerait qu’il s’adresse à des femmes hétérosexuelles, mais je ne serais vous l’affirmer. Personnellement, je ne suis pas lectrice. Mais peut-être pourriez-vous répondre à ma place ?
J’espère que ce petit exposé vous aura plu et contenté. Et, je vous dis à bientôt pour d’autres informations sur le yaoi.
LoalAnn